Au Paraguay, la puissance de l’Eglise catholique met la vie d’une fillette enceinte en danger

Au Paraguay, une fillette de 10 ans, enceinte de 22 semaines après avoir été violée par son beau-père, ne peut avoir droit à l’avortement à cause de la puissance de l’Église catholique dans le pays. Ainsi, le ministre de la santé paraguayen Antonio Barrios a refusé la requête de la fillette et de sa mère de terminer prématurément cette grossesse indésirée. La mère de la fillette est actuellement emprisonnée pour ne pas avoir su protéger la fillette des viols répétés de son beau-père, toujours en fuite, et malgré qu’elle ait vraisemblablement averti à plusieurs reprises la police des viols qui se déroulaient sans toutefois jamais porter plainte.

Antonio Barrios, le ministre de la Santé paraguayen

Antonio Barrios, le ministre de la Santé paraguayen

Dans cette affaire qui secoue la société paraguayenne, c’est surtout la question de l’avortement dont il est fait débat, bien plus que de la question du viol, et notamment du viol dans le cadre familial, dans un pays où les grossesses précoces sont nombreuses tout comme les cas d’abus sexuels (19% des grossesses du pays sont le fait de mineurs). Selon le gouvernement conservateur d’Horacio Cartes  donc, il n’y a « aucune indication  » sur le fait que la santé de la fillette soit à risque, bien que des experts médicaux aient souligné que les jeunes adolescentes de moins de 15 ans ont des chances plus élevées de rencontrer des complications médicales, plus encore pour une fillette de 10 ans.

Au Paraguay, pays dominé par les valeurs de l’Église catholique, l’avortement est très rarement pratiqué et uniquement lorsque la vie de la mère est en danger. Dans tous les autres cas, l’avortement relève d’un crime. Mais, même lorsque la vie de la mère est en danger, l’avortement n’est pas vraiment considéré comme une option possible à cause du poids de l’Église qui intimide et harcèle certains professionnels de la médecine qui défendent l’avortement envers et contre les préceptes moraux de l’Église. Amnesty International s’est exprimé sur cette affaire, en affirmant qu’obliger la fillette à poursuivre la grossesse relevait de la torture et ne ferait qu’augmenter sa douleur et ses tourments.

Une procession au Paraguay

Une procession au Paraguay

L’Eglise catholique bien sûr a mis son grain de sel dans cette affaire, en réaffirmant, une fois encore, que la vie humaine est sacrée et qu’elle commence au moment de la conception, quelque soit la santé ou le bien-être de la fillette de dix ans. La vie de cette fillette est donc à risque à cause d’un dogme religieux qui déclare prendre ce risque pour défendre la sacralité de la vie. Ces lois sur l’avortement draconiennes sont le fait de quasiment tout les États d’Amérique du Sud – mis à part l’Uruguay récemment et Cuba -, empreints de morales catholique, et est passible le plus souvent de prison.
Amnesty International a lancé une pétition pour forcer le gouvernement paraguayen d’autoriser l’avortement pour la fillette. La pétition est disponible à cette adresse : https://www.amnesty.org.uk/actions/child-denied-abortion-after-rape-save-her-lifeAmnesty International paraguay_girl

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s