L’Eglise protestante de France va pouvoir bénir les mariages homosexuels

Les pasteurs de la principale Église protestante de France pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement, selon une décision adoptée dimanche à une large majorité par le synode, une quasi-première dans l’Hexagone. Sur la centaine de délégués de l’Église protestante unie de France (EPUdF) réunis à Sète (Hérault) et ayant pris part au vote, 94 ont voté pour la possibilité d’une bénédiction et trois contre, a indiqué le porte-parole de cette Église, qui incarne le courant historique du protestantisme français. « Ce qui m’a surpris, c’est l’excellente ambiance » lors de la session du vote, marquée par « la confiance et la fraternité », a déclaré à l’AFP le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF. « Ce n’est pas une majorité qui a gagné contre une minorité. La décision intègre toutes les positions ». Dans un communiqué, l’EPUdF précise qu’il s’agit d' »un pas de plus » pour « accompagner les personnes et les couples », après 18 mois de réflexion et de débat.

Le pasteur Laurent Schlumberger pendant le synode du 14 mai à Sète

Le pasteur Laurent Schlumberger pendant le synode du 14 mai à Sète

Deux ans après l’adoption de la loi Taubira ouvrant le mariage civil à deux personnes de même sexe, cette annonce est une quasi-première en France. D’importantes communions protestantes d’Europe (Espagne, Italie…) et d’Amérique du Nord, ont ouvert cette bénédiction aux couples gays et lesbiens. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), une Église beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise actuellement ses pasteurs à participer à un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels, une pratique qui reste marginale. Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple.

« Le Synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie », a indiqué dimanche l’EPUdF. « Une telle bénédiction est bien une possibilité ouverte, elle n’est ni un droit ni une obligation. En particulier, elle ne s’impose à aucune paroisse », a-t-elle pris soin de préciser, ajoutant que « les débats qui concernent les couples de même sexe sont souvent passionnés et exclusifs ».

au-salon-du-mariage-homosexuel-a-paris-le-27_1370518d8c675b58c2d9c6430f6a3167Au sein même de l’Église protestante unie, née en 2012 de la fusion des Églises luthériennes et réformées, le sujet est loin de faire consensus, même si le mariage gay n’y fait pas l’objet du rejet constaté parmi les responsables catholiques et dans les mouvements évangéliques. En juin 2014, l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), présente sur le territoire alsacien-mosellan, avait sursis à statuer et s’était donné « un délai de trois ans avant d’envisager de reprendre cette question en assemblée ».

Avant le synode, le pasteur Gilles Boucomont, vif opposant au projet, s’était inquiété de ce que « pour la première fois en France depuis 1517 » (date de la Réforme initiée par Martin Luther), « une décision synodale majeure puisse être prise contre tous les textes bibliques ». Avec une cinquantaine d’autres pasteurs et une centaine de conseillers presbytéraux (locaux), il avait d’ailleurs signé un « appel » invitant les délégués du synode à ne pas statuer « dans la hâte de répondre à la pression de la société et l’évolution de ses mœurs » et disait craindre « de profondes déchirures ».

Les délégués de la principale Église protestante française étaient réunis depuis jeudi autour du thème « Bénir, témoins de l’Évangile dans l’accompagnement des personnes et des couples ». L’EPUdF revendique 110.000 membres actifs parmi 400.000 personnes faisant appel à ses services. Tout en se défendant d’être en concurrence avec une mouvance évangélique en forte croissance, elle parie désormais sur une démarche missionnaire pour « passer d’une Église de membres à une Église de témoins ». L’EPUdF accueille un nouveau pasteur chaque mois ce qui, compte tenu des départs à la retraite, lui permet de stabiliser leur nombre. Un tiers d’entre eux, et même 45% des nouveaux pasteurs, sont des femmes.

Par l’AFP

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