Neymar, ou l’apologie de la religion en mondovision

Les célébrations des joueurs de football laissent parfois un goût amer, quelques soient les équipes supportées. Nous connaissions tous bien sûr, les joueurs se signant à leur rentrée sur la pelouse, les joueurs levant les mains après un but, les yeux rivés vers le ciel comme David Luiz, un fervent évangélique, où plus récemment l’équipe d’Algérie qui n’hésitait pas, lors de la dernière Coupe du Monde, à y aller de sa prière collective au moindre but. Il faut croire que certains footballeurs ont véritablement l’impression que dieu, plutôt que de s’occuper de la misère du monde, a plus d’intérêt pour le sort de 22 bonhommes courant derrière un ballon, prêt à récompenser ses plus fidèles servants. Hier encore, nous avons eu un beau moment de prosélytisme en mondovision lors de la finale de Ligue des Champions opposant le FC Barcelone à la Juventus de Turin à Berlin. Vainqueur 3 buts à 1, sur un but à la toute dernière seconde du joueur brésilien Neymar, le FC Barcelone pouvait légitimement fêter la conquête de ce titre. Mais que penser de l’attitude de Neymar, fervent évangélique, qui, au coup de sifflet final, a noué un bandeau avec la mention 100% Jésus bien en vue sur son front.

Neymar au coup de sifflet final de la finale de Ligue des Champions

Neymar au coup de sifflet final de la finale de Ligue des Champions

Neymar est coutumier du fait : il avait déjà porté ce même bandeau avec sa précédente équipe de Santos, lors de sa victoire en coupe Libertadores, la Ligue des Champions sud-américaine. Non content de faire la promotion de son sauveur, il s’est agenouillé seul dans la surface de réparation, avec la certitude qu’il serait filmé. Ce qui n’a pas manqué bien sûr, les caméras de télévisions étant très friandes de ce type de célébration censée être porteuse d’émotion. Le football et la transcendance. Comme un malaise toutefois, devant cette caméra isolée, posée devant lui, tandis qu’il prie, comme si cela avait été écrit dans le scénario du match, et l’image de sa prière qui reste fixe pendant 20 secondes, Neymar s’adressant à son inconscient, dans ce qui s’apparente à une véritable apologie de la foi chrétienne, surtout si l’on pense aux nombreux jeunes enfants, notamment brésiliens, s’identifiant à leur idole footballistique. Certainement de quoi éteindre sa télé finalement. Cela m’a fait pensé à la dernière Coupe du Monde, avec cette fantastique équipe brésilienne que dieu – pardon, l’arbitrage maison – a fait parvenir jusqu’en demi-finale, jusqu’à ce dieu considère enfin avoir autre chose à foutre et les laisse face à leur nullité footballistique et ce 7-1 pris face à l’Allemagne. Comme lors du premier match contre la Croatie, où un Brésil en souffrance obtient un penalty à la suite d’une grotesque simulation de l’attaquant Fred, un autre évangéliste. L’arbitre japonais, sous commandement divin, a bien sûr sifflé penalty. Et que fait Fred : il lève les mains au ciel et remercie dieu, sans honte aucune. Peut-être n’avait-il pas tort finalement : la justice divine n’existe que dans sa tête. Nous attendrons vainement que la FIFA prenne des mesures pour sanctionner l’attaquant car, dans ses statuts, il est stipulé que « l’équipement de base ne doit présenter aucune inscription politique, religieuse ou personnelle ». Mais il parait improbable qu’une religion s’attaque à une autre. Il serait dommage de créer une nouvelle polémique.

Un dessin du dessinateur algérien Dilem au sujet de l'équipe d'Algérie

Un dessin du dessinateur algérien Dilem au sujet de l’équipe d’Algérie

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s