Pakistan : le parlement interdit la traduction en anglais de certains termes islamiques

Un certain nombre de mots islamiques seront bannis de toute traduction en langue anglaise dans le pays après le vote d’une nouvelle loi par le gouvernement pakistanais. La nouvelle législation, approuvée par le premier ministre Nawaz Sharif le 4 juin, stipule que les noms arabes sacrés tels que les mots « Dieu », « Mosquée » et « Prière » ne pourront plus être utilisés en anglais Cette loi est le fait du lobby des leaders islamiques du pays, dont les muftis Muhammad Naeem et Muneebu Rehman. Le premier a déclaré que cette disposition devait être « gravée dans la lettre et dans l’esprit », tandis que Rehman a expliqué que « certains termes religieux ont été décrits en arabe ». Cette disposition inquiète particulièrement la communauté chrétienne au Pakistan et les défenseurs de la liberté religieuse dans le pays.

Nawaz Sharif, le premier ministre pakistanais

Nawaz Sharif, le premier ministre pakistanais

Selon Nasir Saeed, directeur du Centre for Legal Aid, Assistance and Settlement (CLAAS), un centre travaillant en faveur de la liberté religieuse; « au vu de la situation présente du pays, où l’extrémisme, le fondamentalisme et la haine envers les chrétiens et les autres minorités religieuses sont en hausse, il existe une possibilité que cette nouvelle loi ait un impact négatif, particulièrement sur la vie des non-musulmans qui souffrent déjà des lois gouvernementales contre elles. Le risque est une mauvaise utilisation de cette mesure, s’il est considéré la traduction de tout mot offensif ou insultant envers l’Islam ».  Le vote de cette mesure est intervenue juste avant l’anniversaire du coup d’État du Général Muhammad Zia-ul-Haq le 5 juillet 1977 : ce coup d’État avait amené à l’éviction du président alors en poste, Zulfikar Ali Bhutto, et permis à Muhammad Zia-ul-Haq de devenir président à son tour. Pendant ses 11 années de gouvernance, Muhammad Zia-ul-Haq avait notamment islamisé le pays et ses lois. Pour certains observateurs, le premier ministre actuel Nawaz Sharif en est le fils prodige.

Muhammad Zia-ul-Haq, président pakistanais de 1978 à 1988

Muhammad Zia-ul-Haq, président pakistanais de 1978 à 1988

La liberté religieuse au Pakistan est particulièrement minée ces dernières années par l’offensive islamiste. De nombreuses associations de Droits de l’Homme pointent particulièrement les lois sur le blasphème, souvent utilisée à outrance par les extrémistes, contre les chrétiens notamment, pour des querelles personnelles ou en vue d’obtenir une propriété ou un business. Deux clercs musulmans ont été arrêtés récemment pour incitation à la violence après qu’une foule ait essayé d’attenter à la vie d’un couple de chrétien dans la région du Punjab, le 30 juin dernier. Des avertissements ont été retrouvés chez le couple, ponctués de citations du Coran.

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2 réflexions sur “Pakistan : le parlement interdit la traduction en anglais de certains termes islamiques

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