David Cameron et l’extrémisme islamiste, la fin de l’innocence – Extraits du discours (Partie 2)

Après la première partie, déjà publiée, de l’intervention de David Cameron, le premier ministre britannique, sur la lutte contre le terrorisme, voici la deuxième partie de son intervention, avec de nombreux extraits partiels de son discours, traduits en français par un natif pour CRISSEMENT ATHÉE. Nous reprenons donc là où se terminait la première partie :

« Deuxièmement, pour contrer cette idéologie, une partie clé de notre stratégie est de s’opposer aux deux parties de la croyance – les violents et les non-violents. C’est à dire se confronter à des groupes ou des organisations qui ne se font pas les avocats de la violence mais qui font la promotion des discours extrémistes. Nous devons voir que si vous dites « Je condamne la terreur mais les kâfirs [le non-croyant en islam NDRL] sont inférieurs » ou « Les violences dans Londres sont injustifiées mais les attentats-suicides en Israël c’est différent », alors vous êtes une partie du problème […]C’est pourquoi nous avons banni des prêcheurs de haine de notre pays […] Mais il faut faire plus en terme d’éducation. Nous avons fait une revue complète de nos écoles lorsque il est devenu évident que des extrémistes avaient pris le contrôle de certaines écoles, dans ledit scandale du Cheval de Troie, ici, à Birmingham […] Nous devons prendre des mesures contre les personnes clés qui influencent les gens et opèrent aux limites de la loi, mais qui clairement détestent la société britannique et ce pour quoi nous nous battons. » David Cameron annonce ensuite des mesures renforcées contre les prêcheurs de haine et la possibilité de prendre des actions pour bannir des chaînes de télévision satellitaire qui distillent la haine. 

David Cameron durant son discours

David Cameron durant son discours

Revenant sur le système éducatif, il s’empare du sujet de l’université : « Quand David Irving [historien britannique controversé NDRL] va dans une université et nie l’holocauste, les leaders universitaires se font entendre et le condamne. Ils ne lui ôtent pas le droit de parler mais le confrontent à ce qu’il dit. Mais quand ce sont des extrémistes islamistes qui vont dans nos universités et promeuvent leur poison idéologique, trop souvent les leaders universitaires regardent ailleurs à cause d’un mix de libéralisme erroné et de relativisme culturelle ». Il parle ensuite de la crainte de parents de la communauté musulmane ou non de voir leurs enfants partir en Syrie ou en Irak et David Cameron annonce qu’ils auront la possibilité, s’ils craignent un tel départ, de faire bloquer le passeport de leurs enfants.

L'historien britannique controversé David Irving

L’historien britannique controversé David Irving

Vient ensuite la problématique à proprement parler religieuse, la question relative à l’Islam : « Par le passé, les gouvernements ont trop rapidement mis sous le tapis l’aspect religieux de l’extrémisme islamique. C’est tout à fait compréhensible. On ne peut le dire plus clairement : cette idéologie extrémiste n’est pas l’islam. Je l’ai dit maintes et maintes fois, et il est juste de le dire. Et je le dirai encore aujourd’hui. Mais condamner simplement toute connexion entre la religion Islam et les extrémistes ne marche pas, car ces extrémistes s’identifient eux-mêmes comme musulmans. De Woolwich à la Tunisie, d’Ottawa à Bali, ces meurtriers utilisent la même rhétorique entortillée qui est basée sur une foi spécifique. C’est un exercice futile que de dénier cela. Dénier que cela n’a rien à voir avec l’islam signifie que vous allez à l’encontre des voix réformistes qui s’élèvent : ces voix combattent la fusion de la religion et du politique. Ces voix qui s’élèvent pour confronter les bases scripturaires sur lesquelles les extrémistes disent s’appuyer. Ces voix qui sont cruciales pour offrir une vision du monde alternative qui peux empêcher un adolescent de glisser vers l’extrémisme. » Cameron affirme que son gouvernement soutiendrait quiconque s’inscrirait dans cette voie de réforme de l’islam pour renverser les pouvoirs en son sein, qu’il juge plus favorables aux extrémistes.

Il est ensuite revenu sur la question de l’identité britannique : « Je comprends que cela peut être difficile d’être jeune, et encore plus d’être jeune et musulman, ou jeune et sikh, ou jeune et noir dans notre pays. Je sais qu’à cet âge vous rencontrez de grosses difficultés concernant votre identité, en ne ressentant ni une appartenance à la société britannique ni à la culture de provenance de vos parents. Et je sais que tant que les injustices perdurent – que ce soit avec le racisme, la discrimination ou la triste islamophobie – vous pouvez ressentir qu’il n’y a pas de place pour vous en Grande-Bretagne. Mais je veux que vous sachiez qu’il y a une place pour vous et je ferai tout ce que je peux pour vous aider. » Il est ainsi revenu sur son programme électoral prévoyant pour 2020 une augmentation de 20% des minorités dans les services municipaux et d’État. Son objectif est aussi de favoriser l’emploi des femmes, spécialement dans les communautés dans lesquelles celles-ci ont plus de mal à s’exprimer. « Nous devons reconnaitre la difficulté du challenge dans certaines communautés. Certaines zones de villes comme Bradford ou Oldham continuent d’être parmi les zones où il y a le plus de ségrégation dans le pays. Et ce n’est pas une coïncidence si ce sont des endroits où les relations entre les communautés ont été les plus tendues historiquement, où le poison de l’extrême-droite et de l’extrémisme islamique essaye désespérément d’attiser les tensions et créer des divisions. »

Images d'archives des émeutes de Bradford en 2001

Images d’archives des émeutes de Bradford en 2001

Enfin, il a parlé des écoles privées et religieuses, nombreuses dans le pays et qui ont fait débat récemment concernant l’enseignement dispensé : « De nombreuses écoles religieuses obtiennent d’excellents résultats et je suis le premier à supporter l’excellente éducation qu’elles proposent. J’en ai choisi une pour mes propres enfants […] Mais il est juste de regarder plus précisément la manière dont nous pouvons briser la scolarisation de ségrégation dans nos communautés les plus séparées. Nous avons déjà dit que toute nouvelle écoles religieuse devra allouer la moité de ses places sans aucune requête de croyance ». Enfin, il a conclu par le vœu d’un travail commun : « J’espère avoir donné un sens sur la façon dont tous nous devons contribuer à ce processus. Ce n’est pas le problème d’une seule communauté ou une seule partie de la société – c’est le nôtre à tous. La communauté musulmane a un rôle crucial à y jouer. Vous êtes une partie de la solution. Mais le gouvernement doit fait face à ses manquements, comme la gestion de l’extrémisme à l’école. Nous avons besoin de la police pour faire face et ne pas rester immobile quand un crime a lieu. Nous avons besoin des universités pour s’élever contre l’extrémisme. Des médias pour donner la parole à des voix différentes. Et des services internets pour qu’ils fassent aussi leur devoir. Ensemble nous pouvons le faire ».

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