En Malaisie, une police vestimentaire s’établit progressivement

Les femmes en Malaisie, pays longtemps perçu comme prodiguant un islam dit modéré, sont désormais interdites d’entrer dans les bâtiments gouvernementaux si leurs jupes révèlent trop de peau, ce qui engendre la crainte d’une hausse du conservatisme religieux dans un pays avec de nombreuses minorités non-musulmanes. Le premier ministre malaisien Najib Razak n’est pas intervenu au sujet de ce renforcement du code vestimentaire alors qu’il est confronté à des soupçons de corruption. Les divergences ethniques sont nombreuses en Malaisie et les personnes visées par ces critiques vestimentaires ne sont pas ceux qui sont membres de la communauté musulmane, soit 30 millions de personnes, environ les deux-tiers de la population. L’ethnie chinoise représente 25% et les indiens 7%. Ce code vestimentaire n’a rien d’une loi officielle, mais elle est appliquée de façon récurrente, ce qui choque de nombreux malais.

Najib Razak, le premier ministre malaisien

Najib Razak, le premier ministre malaisien

Ces incidents liés aux codes vestimentaires dans les bâtiments gouvernementaux sont largement partagés sur les réseaux sociaux, et sont l’expression directe de certains officiers de police qui jugent et corrigent l’accoutrement des femmes. « Ils ne sont pas payés pour être une police vestimentaire », a déclaré l’activiste pour les droits de l’Homme Marina Mahathir, la fille du précédent premier ministre Mahathir Mohamed. « Personne, dans les hautes sphères, n’a le courage de dire « Cela ne va pas », de condamner ces actes et la liberté qui est prise à faire cela ». En juin, le port d’un justaucorps par une gymnaste du pays avait provoqué de vives réactions car jugé trop provocant. La politisation progressive de l’islam dans le pays, durant les années 70, avait déjà amené les femmes à adopter des tenues plus conservatrices, de nombreuses femmes portant désormais le voile quand c’était avant le seul fait des couches conservatrices. Des analystes politiques accusent le parti du premier ministre, la United Malays National Organisation, d’utiliser la religion pour asseoir son pouvoir. Najib Razak, le premier ministre, a dit récemment que le Coran serait le guide de l’action et de la conduite du gouvernement. La constitution malaisienne fait de l’islam la religion d’État mais permet la pratique d’autres cultes.

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