L’écrivain algérien Boualem Sansal met l’islamisme au pouvoir dans « 2084 »

2084 couverture

Dans « 2084 », Sansal imagine un pays, l’Abistan, soumis à la cruelle loi divine d’un dieu qu’on prie neuf fois par jour et où les principales activités sont d’interminables pèlerinages et le spectacle de châtiments publics. « La peur de Dieu sera plus forte que celle des armes » et « les gens pourront vivre de peu. Ils auront juste besoin de mosquées pour prier, par conviction ou par peur », résume l’écrivain, dont les propos rappellent le projet mis en œuvre par le groupe jihadiste État islamique en Irak et en Syrie. Pour l’auteur du « Serment des barbares », les Européens « se trompent sur l’islamisme comme ils se sont trompés sur le communisme » et sous-estiment la menace. Notamment à cause de l’autocensure sur la montée de l’islamisme, qui « tue le débat » alors que « le débat c’est comme une plante: si on ne l’arrose pas par la contradiction il disparait ». M. Sansal laisse cependant poindre une note d’espoir en soulignant que « tous les systèmes totalitaires s’effondrent ». « Après le règne de l’islamisme il y aura une nouvelle mondialisation mais je ne sais pas sous quelle forme », présume-t-il.

L'écrivain algérien Boualem Sansal

L’écrivain algérien Boualem Sansal

Imaginant le sort de son propre pays en 2084, il reste sombre. « Je ne sais même pas si l’Algérie existera en 2084 sous la forme d’un pays moderne relativement administré » car « la fin du pétrole va la conduire dans une situation indescriptible ». L’écrivain, honni tant par les islamistes que par le régime, juge par ailleurs « terrifiant » le flux des migrants algériens vers l’Europe et l’Amérique du Nord. « L’émigration est un vrai drame. Elle touche les riches, les hyper-diplômés. Quand elle atteint un certain seuil en volume cela veut dire que le pays ne peut être sauvé ». Boualem Sansal est jusqu’à présent resté en Algérie, où cet économiste a mené une longue carrière de fonctionnaire, en se souvenant que son pays « était très agréable à vivre » lorsqu’il avait lui-même « entre 20 et 30 ans ». « Après, je n’ai jamais ressenti un besoin suffisamment fort pour me dire: je fais mes valises, je m’en vais. J’ai toujours eu la possibilité de voyager. Je peux émigrer à n’importe quel moment ».

Par l’AFP

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