Birmanie : la liberté religieuse en péril ?

Le projet de loi voté par le parlement birman et qui incorpore des lois sur la conversion religieuse et des lois sur la monogamie ne cesse d’éveiller les craintes concernant la préservation de la liberté religieuse, dans un pays dans lequel existe de fortes tensions entre les bouddhistes et la minorité musulmane Rohingya. Ces lois, votées par le parlement le 21 août dernier, font l’objet de fortes critiques de la part de l’association Human Rights Watch qui a demandé au président birman, Thein Sein, de refuser de la signer en l’état. Ces lois, en tenant compte d’autres lois votées précédemment concernant les mariages interreligieux, ont les faveurs de l’organisation bouddhiste ultra-nationaliste Ma Ba Tha (Association pour la protection de la race et de la religion). La loi vise à un recensement des conversions religieuses et à leur enregistrement officiel. Quiconque désireux de changer de religion doit avoir 18 ans et doit remplir un certain nombre de documents expliquant les raisons de ce choix.

Le président birman Thein Sein

Le président birman Thein Sein

Le converti doit passer par une commission composée d’au moins 5 membres, suivie d’une période de 90 jours d' »étude » où le converti doit examiner « l’essence de la religion : mariage, divorce, division des biens pratiquées dans cette religion, et toutes pratiques inhérentes à celle-ci ». Si la commission valide ensuite la demande, le converti recevra un papier officiel d’Etat validant cette conversion. Le problème soulevé par l’ONG HRW est que les membres des commissions locales risquent d’être à prédominance bouddhistes, ce qui entraverait la conversion d’un bouddhiste pour une autre religion. De plus, le dossier du converti sera adressé aux organismes d’Etat chargés de la religion, ce qui va à l’encontre de la vie privée. Relativement à la loi sur la monogamie, celle-ci empêcherait une personne mariée d’obtenir un deuxième mariage, ou de vivre en concubinage avec une autre personne tout en étant toujours mariée. Le risque encouru pour la personne allant à l’encontre de la loi sur la monogamie est notamment la perte de tout droit sur les biens du mariage lors du divorce. Fondamentalement, la loi est dirigée contre les minorités religieuses, notamment musulmane, pratiquant la polygamie, ou celles dans lesquelles les relations extra-conjugales sont admises. Une femme violée, mais dont le viol ne serait pas reconnu, risquerait aussi de passer sous le coup de la loi pour adultère. HRW demande donc aux pays donateurs, notamment l’Union Européenne, de faire pression sur le président pour qu’il refuse de signer cette loi.

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