Immigration : quand les pays de l’Est prônent une sélection par la religion

Le nombre record de réfugiés qui se massent aux abords des frontières européennes provoquent dans les pays de l’espace Schengen différentes réactions, allant du rejet au refus, ou à un désir d’accueil de ces populations. Néanmoins, devant l’échec de la politique de quotas proposée par l’Union Européenne, certains pays ont fait valoir une préférence religieuse quant à l’accueil des populations, et ce en allant à l’encontre des lois européennes qui condamnent toute discrimination religieuse. Ainsi, il y a quelques jours, c’est la Slovaquie, par la voix du ministère de l’intérieur, qui se disait prête à accueillir deux-cents réfugiés mais à prévalence non-musulmane : « Nous voulons choisir des gens qui veulent réellement débuter une nouvelle vie en Slovaquie. La Slovaquie en tant que pays catholique peut vraiment aider les chrétiens de Syrie à trouver une nouvelle maison en Slovaquie. », s‘est ainsi exprimé Ivan Netik, porte-parole du ministère. « En Slovaquie, nous avons une très faible communauté musulmane, nous n’avons même pas de mosquées ».

Le président tchèque Miloš Zeman

Le président tchèque Miloš Zeman

Mais la Slovaquie n’est pas la seule à avoir adopté une telle stratégie. La première ministre polonaise Ewa Kopacz est elle aussi partie du principe que la Pologne était un pays catholique et que sa responsabilité était d’accueillir des chrétiens. L’agence pour l’immigration polonaise a ainsi clairement affirmé que les croyances religieuses auraient un impact important sur les décisions concernant les demandes d’asile. Le premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a pour sa part affirmé que son pays n’avait rien « contre les musulmans » mais qu’accepter des réfugiés musulmans risquerait d’endommager le tissu religieux du pays, constitué à 60% de chrétiens orthodoxes et à 8% de musulmans, principalement dans les régions frontalières de la Turquie. Le ministre estonien des Affaires Sociales, Margus Tsahkna, opposé à la prise en charge des réfugiés musulmans, considère « qu’après tout, nous sommes un pays appartenant à la culture chrétienne ». Quant au président tchéque, Milos Zeman, il est de l’avis que des réfugiés « provenant d’un environnement culturel totalement différent » ne pourraient s’adapter aisément. Cette forme de pensée, issue majoritairement des anciens pays du bloc soviétique, montre à la fois un attachement réel de ces pays à la tradition catholique mais aussi sans doute un désir de conserver une certaine forme de cohésion sociale.

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