Philippines : des milliers de protestataires de la secte Iglesia ni Cristo font faire machine arrière au gouvernement

Les milliers de membres d’une secte catholique philippine très influente politiquement ont cessé ce lundi leurs manifestations de colère qui perduraient depuis cinq jours, paralysant par endroits la circulation de la capitale, Manille. C’est en tout cas l’Evangéliste Bienvenido Santiago, membre prééminent de Iglesia ni Cristo, qui l’a affirmé la fin des protestations à Manille, sans divulguer le contenu des discussions qui ont eu lieu avec le gouvernement philippin : « L’Eglise et le gouvernement se sont expliqués et ont exprimés leurs points de vue. Tout le monde est désormais calme ». Les protestations de la secte Iglesia ni Cristo, véritable religion, reconnue comme telle aux Philippines et disposant de nombreux lieux de culte, ont commencé lorsque la secrétaire à la justice Leila de Lima a entrepris d’examiner la plainte d’un ancien ministre de l’Eglise, expulsé de l’organisation, contre des membres haut placés de celle-ci.

L'Evangéliste Bienvenido Santiago

L’Evangéliste Bienvenido Santiago

Pour protester contre cette décision, des milliers de membres de cette secte se sont déplacés jusqu’aux bureaux de Leila de Lima à Manille, avant de déplacer leur mouvement d’humeur vers la EDSA, principale avenue routière de la ville, ayant déjà été le théâtre de deux révolutions ayant abouties à la destitution de deux présidents en trois décennies. Selon la police, les manifestants amassés étaient jusqu’à 20.000 personnes en certains points. Le trafic automobile s’est ainsi trouvé bloqué, dans cette avenue commerçante et remplie de bureaux. Leur mécontentement s’est aussi épanché sur les réseaux sociaux. Iglesia ni Cristo est une secte chrétienne vieille de 101 ans, et est particulièrement choyée par les hommes politiques car ses membres votent en bloc lors des élections nationales. Cela explique que les politiciens de tous bords, qui se préparent aux élections présidentielles en 2016, se sont abstenus de toute critique sur ce tour de force de l’organisation.

Un timbre national à l'effigie du fondateur de Iglesia ni Cristo Felix Manalo pour le centenaire de l'organisation

Un timbre national à l’effigie du fondateur de Iglesia ni Cristo Felix Manalo pour le centenaire de l’organisation

Le fonctionnement de l’église reste néanmoins très secret et est objet de luttes intestines. De nombreuses allégations concernant des enlèvements de ministres critiques envers les leaders de l’organisation et des détournements de fonds ont été portées à son encontre, mais Iglesia ni Cristo a toujours démenti de tels agissements. Ces allégations d’enlèvements d’opposants étaient au coeur de l’enquête criminelle que Leila de Lima s’apprêtait à ouvrir avant donc que le gouvernement ne fasse machine arrière face aux protestations. Iglesia ni Cristo se considère être l’église d’origine, celle du Christ, la vraie, considérant toutes les autres comme apostates.

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