Grande-Bretagne : les leaders religieux opposés à la loi sur le suicide assisté à l’étude au Parlement

La Grande-Bretagne franchirait « un Rubicon légal et éthique » si la loi sur le suicide assisté en Angleterre et au Pays de Galles  venait à être modifiée. C’est ainsi que s’est exprimé l’archevêque de Canterbury Justin Welby, figure majeure de l’Eglise Anglicane. Les parlementaires britanniques s’apprêtent en effet à débattre ce vendredi de la seconde loi relative au suicide assisté, qui devrait permettre aux médecins d’assister les patients malades en phase terminale et leur donner la mort sous certaines conditions. Cette loi, si elle était votée signifierait selon Welby que le suicide serait « activement accepté » au lieu d’être perçu comme une tragédie. Mais les catholiques ne sont pas les seuls à s’ériger contre cette loi, d’autres leaders religieux se sont joints à lui dans la lettre commune envoyée aux parlementaires.

L'archevêque de Canterbury Justin Welby

L’archevêque de Canterbury Justin Welby

La loi, en l’état, s’appliquerait pour les personnes auquel il resterait moins de six mois à vivre et une Haute Cour de justice, ainsi que deux médecins indépendants, devront établir que la demande est légitime, et faite de plein gré. Le même genre de loi sur le sucide assisté a été rejeté par le parlement écossais en mai, par 82 voix contre 36. Welby et les dignitaires religieux juifs, musulmans et sikhs considèrent néanmoins que cette loi justifierait en quelque sorte le suicide et que permettre aux médecins d’assister au suicide serait « un changement d’ordre monumental tant dans la loi que dans le rôle des médecins ». « Je suis d’accord que la loi doit adopter une approche compassionnelle et emplie de considération envers les soins à apporter à ceux qui demandent à ce qu’elle soit écourtée. Quoi qu’il en soit, changer la loi, pour donner un accès individuel à la prescription de drogues légales, risque de remplacer la compassion forgée durant les relations d’une vie pour un processus de détachement médical et judiciaire. ». Le changement de loi mettrait en péril, selon lui, des milliers de personnes.

Rabbi Dr. Jonathan Romain de l'association Dying with Dignity

Rabbi Dr. Jonathan Romain de l’association Dignity in Dying

Contrairement au nouvel archevêque Justin Welby, son prédecesseur, Lord Carey, s’était dit en faveur d’un changement législatif pour favoriser ce type d’acte. Selon l’association Dignity in Dying, 35 personnes provenant de Grande-Bretagne se sont rendues en Suisse l’année dernière pour user du droit au suicide assisté. Rabbi Dr. Jonathan Romain, l’un des leaders inter-confessionnel de Dignity in Dying affirme : « Nous considérons que la vie est précieuse et possède une grande valeur, mais lorsqu’elle devient insupportable, il n’y a aucune raison pour quelqu’un qui est déjà en train de mourir et qui veut y renoncer de le forcer à continuer contre sa volonté. Le suicide assisté pour les malades en phase terminale, dans la maîtrise de leurs moyens psychiques, et qui le demanderait de leur propre gré, ce n’est pas un péché mortel mais une option religieuse ».

[Mise à jour : le projet de loi passé au parlement ce vendredi 11 septembre 2015 a finalement été rejeté par les députés anglais et gallois, à 330 voix contre et 118 pour]

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