Chili : l’archevêque local a essayé d’entraver l’enquête vaticane sur l’affaire Fernando Karadima

Une nouvelle mise en cause concernant la couverture par les autorités catholiques d’une affaire de pédophilie : des clercs auraient sciemment conspiré pour essayer d’empêcher une victime d’abus sexuels de porter cette affaire devant le nouveau Tribunal, créé par le Saint-Siège et visant à s’attaquer aux membres du clergé qui chercheraient à cacher des affaires d’abus sexuels. L’objectif était que les accusations portées par Juan Carlos Cruz, l’une des victimes du Père Fernando Karadima, soient empreints de mensonge. Des emails rendus publics entre l’archevêque de Santiago, Ricardo Ezzati Andrello, et son prédecesseur Francisco Javier Erràzuriz Ossa, démontrent que les deux clercs ont fait tout leur possible pour bloquer ces accusations de Juan Carlos Cruz. Ces emails font aujourd’hui la une des journaux au Chili et sont relatifs à la fameuse affaire du Père Fernando Karadima.

L'archevêque de Santiago Francisco Javier Errázuriz Ossa

L’archevêque de Santiago Francisco Javier Errázuriz Ossa

Dans leurs échanges épistolaires, les deux cardinaux, l’archêque en poste et son prédecesseur, notent qu’une prise en main de cette plainte par le Tribunal dédié du Vatican aurait de très mauvaises conséquences : « J’espère que nous pourrons nous prémunir de ces mensonges grâce à ceux qui appartiennent à notre même église », écrit le cardinal Ezzati au Cardinal Errazuri. Juan Carlos Cruz était l’un des nombreux garçons violés par le Père Fernando Karadima, l’un des pédophiles les plus notoire de l’Eglise, ayant sévi à Santiago, et qui s’est retiré de ses charges écclesiastiques après les pressions vaticanes il y a quatre ans de cela. Le cardinal Errazuriz, le supérieur de Karadima à l’époque, avait admis ne pas avoir enquêté sur ces allégations car ils les considéraient fausses. Les emails dévoilés révèlent une connaissance des faits de la part de l’archevêché qui a essayé avant tout de préserver sa réputation. Le cardinal Ezzati a affirmé à propos de ces email : « Ces correspondances ont été envoyées de mon ordinateur personnel. Ma crainte est qu’elles soient sorties de leur contexte, c’est-à-dire de conversation privée. Ce qui est arrivé nous a tous blessés, les victimes, le pays, et l’Eglise. La violation de correspondances privées est illégale. Nous évaluons en interne ce qui est arrivé. Dès que nous en saurons plus, nous déterminerons les mesures à prendre ». Le cardinal Errazuriz fait partie depuis 2013 des 9 prélats choisis par le Pape François pour l’épauler dans la réforme de la curie romaine.

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