Nigeria : le Mouvement Islamique du Nigeria (IMN) déclaré illégal

Le gouvernement nigérian est en passe d’interdire l’organisation politico-religieuse chiite dénommée Mouvement Islamique du Nigeria (IMN), après une succession de manifestations ayant entraîné des morts, dans la capitale Abuja. Ces manifestations sont liées au sort du leader du mouvement, le chef religieux chiite Ibrahim Zakzaky. Ce dernier est détenu par les autorité nigérianes depuis 2015, après avoir été arrêté par l’armée lors d’un raid, tuant au passage des partisans de ce dernier, soupçonné d’avoir tenté d’assassiner le chef des forces nigérianes.

wpid-sheik

Le cheikh Ibraheem Yaqoub Zakzaky, leader de l’IMN

L’IMN, créé en 1978, est un mouvement révolutionnaire, qui s’inspire de la révolution islamique iranienne, désireux d’instaurer une République Islamique chiite, dans un pays largement sunnite aux 4/5, et dirigé par la branche sunnite et fortement hostile au mouvement.

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Manifestants pour la liberation de Ibraheem Zakzaky

 

La détention d’Ibrahim Zakzaky, jugée illégale par un tribunal en 2016 mais pourtant poursuivie, dénoncée par Human Rights Watch comme arbitraire, provoque depuis 4 ans des manifestations récurrentes, parfois violentes, d’un mouvement minoritaire mais fortement actif.  La répression du mouvement est continue : le 30 octobre 2018, des milliers de partisans de l’IMN descendent dans la rue mais l’armée ouvre le feu, faisant 45 à 49 morts, 120 blessés et 400 détenus. Un tribunal d’Abuja, la capitale, a statué samedi que l’État pouvait désormais considérer interdire l’IMN pour terrorisme et activités illégales. La présidence de Muhammadu Buhari a déclaré dans un communiqué  que « le gouvernement devait agir avant que la situation ne soit hors de contrôle, après avoir averti à de nombreuses reprises que les gens ne devaient pas se servir de la religion pour ne pas respecter les lois ». Les autorités doivent désormais faire paraître l’ordonnance du tribunal au journal officiel et dans deux journaux pour qu’elle entre en vigueur. Ce lundi, Ibrahim Zakzaky et sa femme doivent comparaître devant un tribunal spécial de l’État de Kaduna.

Une situation socio-religieuse tendue donc, alors que le pays est menacé au Nord par Boko Haram, auteur d’une nouvelle attaque samedi, à Dalori près de Maiduguri, après avoir ouvert le feu sur une population revenant de funérailles et ayant fait 65 morts.

 

 

 

 

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