L’écrivain algérien Boualem Sansal met l’islamisme au pouvoir dans « 2084 »

2084 couverture

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André Comte-Sponville et le blasphème : entretien

La liberté d’expression est une liberté fondamentale. Comme toute liberté naturelle, on la voudrait absolue ; comme toute liberté socialement réglementée, elle connaît des limites. Mais pourrait-on imaginer ou réclamer une liberté d’expression sans limites ?

Il n’y a pas de liberté absolue. Même à l’état de nature, à supposer qu’il ait existé, la liberté de chacun dépend de la force dont il est capable ; elle est doublement -limitée, et par sa propre faiblesse, et par la force des autres. C’est vrai a fortiori dans un État de droit. Pas de liberté sans lois, pas de loi sans contraintes. On prend souvent l’exemple du code de la route : s’il n’existait pas, ma liberté de circuler, théoriquement plus grande, serait en pratique presque nulle. S’agissant de la liberté d’expression, c’est différent. On pourrait envisager qu’aucune loi ne la limite. Mais est-ce souhaitable ? Il faut bien interdire la diffamation, les appels au meurtre, protéger le droit d’auteur et les secrets commerciaux ou industriels… Même les Etats-Unis, où le Premier amendement garantit une liberté d’expression plus grande que chez nous, lui reconnaissent certaines limites. Idem en France, qui interdit en outre les incitations à la haine raciale ou religieuse, le négationnisme et les atteintes à la vie privée. On peut discuter le détail de ces interdits (contre le négationnisme, je ne suis pas certain qu’une loi soit la -meilleure arme), mais guère en contester le principe.

Le philosophe André Comte-Sponville

Le philosophe André Comte-Sponville

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Interview de Salman Rushdie : l’Islam, l’extrémisme, son oeuvre, la littérature…

La polémique a fait rage aux Etats-Unis après que le prestigieux Pen American Center (Pen Club), société littéraire américaine, eut décidé de décerner à Charlie Hebdo sa plus haute distinction. Refusant d’endosser une ligne critique face à l’islam, environ 200 auteurs ont signé une pétition contre la remise du prix Courage et liberté d’expression à Charlie Hebdo, et l’ont fait circuler lors du gala que vous présidiez le 5 mai. L’événement a-t-il été gâché par cette contestation inattendue?

N’exagérons pas ces protestations : nous parlons de 200 écrivains signataires de la pétition sur les 5 000 que compte le Pen Club. C’est donc un faible nombre. Gérard Biard et Jean-Baptiste Thoret, les deux personnes venues à New York pour représenter la cause de Charlie Hebdo au gala, ont été accueillis avec d’autant plus d’enthousiasme par la majorité des écrivains présents. J’ai demandé à l’écrivain Alain Mabanckou de leur remettre le prix Courage et liberté d’expression. Pour avoir vécu dans différentes cultures, j’éprouve une connivence personnelle envers ce talentueux auteur franco-congolais installé en Californie, et j’avais été touché par le texte qu’il a publié dans L’Express en ferme réponse à l’annonce du boycott ; c’est pourquoi je lui ai demandé de le répéter en anglais lors du gala. Je suis reconnaissant aussi au président de SOS Racisme, Dominique Sopo, d’avoir tenu à venir à New York pour défendre la mémoire des dessinateurs assassinés et en finir avec les accusations injustes dont ils faisaient l’objet.

Salman Rushdie

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Décès d’Anne Nicol Gaylor, figure majeure du droit des femmes et de l’athéisme aux Etats-Unis

Anne Nicol Gaylor est décédée dimanche 14 juin à l’âge de 88 ans. Figure majeure des mouvements athées outre-atlantique, elle avait été l’une des grandes avocates du droit à l’avortement à la fin des années 60 et au début des années 70 aux États-Unis ainsi que du maintien de la stricte séparation entre l’Église et l’État. Elle a été la principale fondatrice dans les années 70 de la principale organisation athée, la Freedom From Religion Foundation (FFRF), regroupant libres-penseurs, athées et agnostiques. Préparant sa mort, elle a laissé une lettre dans laquelle elle ne demande aucun mémorial à son nom et comme épigraphe ces trois mots Féministe – Activiste – Libre-penseuse. Avocate de formation, la base de son combat a été le droit à l’avortement : en 1972, elle crée une première fondation, la Women’s Medical Fund, mise en place pour venir en aide aux femmes nécessiteuse aux prises avec des grossesses non-désirées et désireuses de se faire avorter. Sa lutte pour le droit des femmes à l’avortement lui vaudra de nombreuses critiques de la frange conservatrice de la société et des milieux religieux, allant parfois jusqu’aux menaces de mort.

Anne Nicol Gaylor

Anne Nicol Gaylor

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Ayaan Hirsi Ali, femme politique et militante d’une profonde réforme de l’Islam, s’en prend à Ben Affleck

Dans une vidéo postée sur le site bigthink.com, la militante Ayaan Hirsi Ali, sous la menace d’une fatwa pour ses critiques sur l’Islam et sa volonté d’en faire changer les bases, a directement interpellé l’acteur Ben Affleck, qui s’en était pris à Sam Harris, scientifique américain, bien connu des milieux athées dont il est l’un des fers de lance, qui critiquait alors ouvertement l’Islam en tant que religion dans l’émission de Bill Maher Real Time with Bill Maher sur HBO. Ce qui n’avait pas été du goût de Ben Affleck, qui avait alors vertement pris la défense de l’Islam et des musulmans de par le monde, dénonçant une vision caricaturale des croyants de cette confession et jugeant cette vision « grossière et raciste ». Bill Maher, le présentateur, avait pris la défense de Sam Harris, comparant l’Islam, la religion donc, pas le croyant, à une mafia, qui tuerait pour un livre ou un dessin. Ayaan Hirsi Ali est donc revenue sur cette épisode, en interpellant directement Ben Affleck et en lui demandant s’il interpréterait le prophète Mahomet à l’écran. Ici, la vidéo de ce débat houleux :

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Le blasphème, les religions : interview croisée de Caroline Fourest et Waleed Al-Husseini

Le blasphème existe-t-il? Si non, les croyants ne devraient-ils pas être les seuls à respecter son interdiction?

Caroline Fourest: Selon la définition du dictionnaire, il s’agit d’une parole ou d’un propos qui outrage le sacré, des gens considèrent ainsi que des idées sont sacrées et qu’on ne peut pas les questionner. On peut se rapproprier le mot de blasphème pour revendiquer le droit de bousculer ce qui est sacré, comme Charlie Hebdo.

Waleed Al-Husseini: La plupart des croyants sont en effet offensés par la critique des religions, qu’ils associent au blasphème, parfois même à tord par rapport aux sourates du Coran. Alors que l’on aurait besoin de pédagogie sur la laïcité en France, les intégristes veulent créer un délit de blasphème pour brider tout débat d’idées qui critique de la religion et ses interprétations. Si ces intégristes me traitent de Blasphémateur, c’est bien parce que le blasphème existe pour eux et que mes critiques dérangent leurs ambitions.

Caroline Fourest, journaliste et essayiste militante

Caroline Fourest, journaliste et essayiste militante

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Le philosophe Yvon Quiniou parle de son livre « Critique de la religion : Une imposture morale, intellectuelle et politique »

Alors que Freud, Nietzsche, Spinoza ou Hume en ont déjà fait le procès, pourquoi établir une critique de la religion aujourd’hui ?

Cette critique est liée au retour politique du religieux. Notamment quand il fait pression sur les institutions républicaines, à la manière de la Manif’ pour tous ; quand, en Europe de l’Est, une religion rétrograde essaie d’influencer la Constitution : ou quand, avec le Traité constitutionnel européen, les religions ont le droit d’intervenir dans la définition des lois. Par ailleurs, je m’inquiète de la montée de l’islamisme radical. Dans l’esprit de la philosophie des Lumières et des grands penseurs du XIXe siècle comme Feuerbach, Marx, Nietzsche et Freud, je tiens à montrer à quel point la religion demeure une imposture morale, intellectuelle et politique. Un imposteur prétend apporter ce qu’il n’apporte pas ou prétend être ce qu’il n’est pas. Les religions prétendent amener la Vérité, alors qu’elles n’amènent que des croyances.

Votre livre est-il un éloge de l’athéisme ?

Je distingue deux formes d’athéisme. L’athéisme dogmatique consiste à dire qu’il n’y a pas de Dieu. C’est celui de Marx ou du philosophe Marcel Conche. Ce dernier dit qu’un tel athéisme ne peut pas se démontrer, car il se prononce sur la totalité du réel. Mon athéisme est privatif. Je me passe de Dieu dans ma vie et analyse les religions comme un phénomène humain. Je m’inspire de la formule de Feuerbach : « Ce n’est pas la religion qui fait l’homme, mais l’homme qui fait la religion. » Ce sont les structures religieuses que je remets en cause. Pas l’élément subjectif de la croyance.

Critique de la religion : Une imposture morale, intellectuelle et politique

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L’écrivain algérien Rachid Boudjedra déclare son athéisme en direct sur une télévision conservatrice

Il l’avait déjà exprimé, il y a quelques années, mais ça c’était avant. Avant les réseaux sociaux, avant l’arrivée des chaînes de télévision privées. Dès que la bande annonce a été partagée, la blogosphère algérienne s’est mise en ébullition. L’écrivain communiste, habitué des polémiques, invité à s’exprimer sur l’émission Mahkama (Tribunal), donne le ton dès le départ : il préfère sa mère à Allah. «Au nom de ma mère, je jure de dire la vérité, toute la vérité. Je ne crois pas en Dieu, ni en la religion musulmane, je ne crois pas en Mohamed comme prophète. Si devais choisir une religion, ce serait le bouddhisme pour son pacifisme». Il n’en fallait pas plus pour enflammer la Toile algérienne. Comme souvent, pro et anti-laïcité s’opposent, parfois avec virulence.L’auteur de L’escargot entêté, ennemi féroce des islamistes, n’a jamais caché ses convictions. En 2006, il affichait déjà clairement ses prises de positions«Je suis athée et communiste (…). Je ne suis pas contre l’islam. J’ai été élevé dans une famille musulmane. La violence intégriste a encore accentué mes convictions. Avant, j’écrivais un roman tous les trois ans, le terrorisme m’a poussé à écrire un roman chaque année, une autre manière de lutter contre ces criminels».

L'écrivain et scénariste algérien Rachid Boudjedra

L’écrivain et scénariste algérien Rachid Boudjedra

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Nagui vomit les religions à « Tout le monde veut prendre sa place »

Le présentateur Nagui n’aura sans doute pas plu à tout le monde lorsque dans son émission de divertissement Tout le monde veut prendre sa place sur France 2, il s’en est pris visiblement et sans prendre de gants aux religions. Questionnant un ostéopathe, Nagui lui demande s’il lui était déjà arrivé de se retrouver face à des gens refusant de se déshabiller par conviction religieuse, ce à quoi le candidat répond que cela avait déjà été le cas deux ou trois fois. Se mordant le poing, comme pour se retenir de donner le fond de sa pensée, il se laisse aller à un sobre : « Par conviction religieuse, ça c’est une phrase…malgré l’éducation religieuse que j’ai reçu, il y a un moment où toutes les phrases qui ont par conviction religieuse je ne… »

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Waleed Al-husseini, l’apostat, le militant

Pour ceux qui ne le connaitraient pas, Waleed Al-husseini est un militant athée, ancien musulman ayant rejeté sa foi, et donc un apostat. Il a été arrêté et incarcéré en Palestine après avoir posté des messages critiques envers l’Islam et en faveur de l’athéisme. Cette arrestation avait soulevé la critique des associations des droits de l’homme, son arrestation et sa détention n’ayant pas trouvé de justification pénale. Très présent sur les médias ces derniers jours après les différents attentats terroristes liés à l’Islam de ces derniers mois, il a créé le groupe Conseil des ex-musulmans de France et écrit un livre Blasphémateur! Les prisons d’Allah, tout à la critique et à la dénonciation du coran et de l’Islam. Waleed Al-husseini considère que la pomme pourrie au sein de l’Islam est au cœur du texte, et que ses lois et ses valeurs ne sont pas compatibles avec la démocratie. Waleed Al-husseini Lire la suite