Pakistan : un ouvrier chrétien arrêté pour blasphème

La police pakistanaise a annoncé samedi avoir procédé à l’arrestation d’un chrétien accusé de blasphème dans l’Etat du Punjab. Ces lois anti-blasphèmes sont souvent utilisées dans le pays, parfois sans preuves, mais cela suffit pour permettre l’emprisonnement. « Un ouvrier chrétien nommé Pervaiz Masih a été arrêté cette semaine et envoyé devant la justice pour avoir fait une remarque dénigrante à l’encontre du prophète de l’Islam », a affirmé un officier de police local sous anonymat. Le chef de la police locale, Ali Hussain, a confirmé l’incident. Selon ce dernier, l’ouvrier était en train de travailler avec des collégues musulmans lorsque l’incident est survenu.

Manifestation pour l'abolition des lois anti-blasphèmes au Pakistan

Manifestation pour l’abolition des lois anti-blasphèmes au Pakistan

Lire la suite

Au Pakistan, des émeutes religieuses font trois morts

Une foule en colère a tué un enfant de sept ans et sa petite sœur encore bébé, ainsi que leur grand-mère, après qu’un membre de la communauté Ahmadi – communauté musulmane considérée comme une secte par les musulmans orthodoxes – ait posté un contenu sur Facebook jugé blasphématoire, selon la police pakistanaise. Les victimes sont des membres de la communauté Ahmadi, dont la particularité est de reconnaître Mirza Ghulam Ahmad comme prophète après Mahomet. Une loi pakistanaise de 1984 déclare cette communauté comme non-musulmane et de nombreux pakistanais les jugent hérétiques. Cet incident est révélateur des tensions actuelles au Pakistan touchant les minorités religieuses du pays.

Riot Pakistan

Image de l’émeute

Lire la suite

André Comte-Sponville et le blasphème : entretien

La liberté d’expression est une liberté fondamentale. Comme toute liberté naturelle, on la voudrait absolue ; comme toute liberté socialement réglementée, elle connaît des limites. Mais pourrait-on imaginer ou réclamer une liberté d’expression sans limites ?

Il n’y a pas de liberté absolue. Même à l’état de nature, à supposer qu’il ait existé, la liberté de chacun dépend de la force dont il est capable ; elle est doublement -limitée, et par sa propre faiblesse, et par la force des autres. C’est vrai a fortiori dans un État de droit. Pas de liberté sans lois, pas de loi sans contraintes. On prend souvent l’exemple du code de la route : s’il n’existait pas, ma liberté de circuler, théoriquement plus grande, serait en pratique presque nulle. S’agissant de la liberté d’expression, c’est différent. On pourrait envisager qu’aucune loi ne la limite. Mais est-ce souhaitable ? Il faut bien interdire la diffamation, les appels au meurtre, protéger le droit d’auteur et les secrets commerciaux ou industriels… Même les Etats-Unis, où le Premier amendement garantit une liberté d’expression plus grande que chez nous, lui reconnaissent certaines limites. Idem en France, qui interdit en outre les incitations à la haine raciale ou religieuse, le négationnisme et les atteintes à la vie privée. On peut discuter le détail de ces interdits (contre le négationnisme, je ne suis pas certain qu’une loi soit la -meilleure arme), mais guère en contester le principe.

Le philosophe André Comte-Sponville

Le philosophe André Comte-Sponville

Lire la suite

L’Arabie Saoudite appelle la communauté internationale à interdire toute critique de la religion

L’Arabie Saoudite a officiellement appelé la communauté internationale à interdire toute critique de la religion, c’est-à-dire à remettre au goût du jour les lois anti-blasphème. C’est lors d’un symposium sur la couverture médiatique des symboles religieux au vu de la loi internationale, qui s’est déroulé le 25 juillet dernier, qu’Abdulmajeed Al-Omari, le chef des relations étrangères au Ministère des Affaires Islamiques du royaume s’est exprimé en ce sens : « Nous avons déjà affirmé clairement que la liberté d’expression sans limites ou restrictions mène à la violation et va à l’encontre des droits religieux et idéologiques. Cela requiert que tout le monde doit intensifier ses efforts pour criminaliser les insultes aux religions divines, aux prophètes, aux livres sacrés, aux symboles religieux et aux lieux de culte ». Selon lui, ces mesures doivent être prises pour prévenir les intolérances.

Abdulmajeed Al-Omari, le chef des relations étrangères au Ministère des Affaires Islamiques d'Arabie Saoudite

Abdulmajeed Al-Omari, le chef des relations étrangères au Ministère des Affaires Islamiques d’Arabie Saoudite

Lire la suite

Malte décriminalise la diffamation religieuse et autorise la pornographie

Les sex-shops, jusqu’à présent illégaux à Malte, seront bientôt autorisés à ouvrir, lorsque sera votée la réforme permettant la diffusion de matériel pornographique, à partir du moment où un avertissement est apposé hors du magasin. Il sera toujours illégal de distribuer du matériel pornographique en public et d’y exposer les enfants et tout public non-consentant. Mais surtout, elles décriminalisent la diffamation de la religion, encore en vigueur sur l’île. Ce sont là quelques-unes des réformes relatives à la morale et à la censure que s’apprête à voter le pays et révélées aujourd’hui. Le ministre de la Justice Owen Bonnici a dit que ces réformes montrent que le gouvernement ne croit pas au fait que l’État doit être le gardien moral des adultes : « Les adultes doivent être traités en adultes…Ces réformes visent à favoriser l’expression artistique tout en protégeant les plus vulnérables ».

Owen Bonnici, le ministre de la Justice maltais

Owen Bonnici, le ministre de la Justice maltais

Lire la suite

Le blasphème, les religions : interview croisée de Caroline Fourest et Waleed Al-Husseini

Le blasphème existe-t-il? Si non, les croyants ne devraient-ils pas être les seuls à respecter son interdiction?

Caroline Fourest: Selon la définition du dictionnaire, il s’agit d’une parole ou d’un propos qui outrage le sacré, des gens considèrent ainsi que des idées sont sacrées et qu’on ne peut pas les questionner. On peut se rapproprier le mot de blasphème pour revendiquer le droit de bousculer ce qui est sacré, comme Charlie Hebdo.

Waleed Al-Husseini: La plupart des croyants sont en effet offensés par la critique des religions, qu’ils associent au blasphème, parfois même à tord par rapport aux sourates du Coran. Alors que l’on aurait besoin de pédagogie sur la laïcité en France, les intégristes veulent créer un délit de blasphème pour brider tout débat d’idées qui critique de la religion et ses interprétations. Si ces intégristes me traitent de Blasphémateur, c’est bien parce que le blasphème existe pour eux et que mes critiques dérangent leurs ambitions.

Caroline Fourest, journaliste et essayiste militante

Caroline Fourest, journaliste et essayiste militante

Lire la suite

Le présentateur égyptien Islam El-Beheiry condamné à 5 ans de prison pour blasphème

Le présentateur égyptien Islam El-Beheiry a été condamné samedi par la justice égyptienne à 5 ans de prison pour blasphème. Ce présentateur qui tient une émission, traduisible en « Avec l’Islam »,  le samedi soir sur la chaîne privée Al-Qahera Wal-Nas a pour thème principal l’Islam. Des poursuites avaient été engagées par un avocat qui considérait que l’émission représentait une attaque au clergé musulman, aux enseignements de l’Islam, un manque de respect des anciennes interprétations coraniques et faisait l’apologie d’une interprétation critique et personnelle des textes.De fait, El-Beheiry questionnait fréquemment, avec une véritable pensée critique, les prêches salafistes, très portés sur l’exégèse rigoureuse du Coran et des Hadiths, en vigueur en Égypte, et dont il tentait de démonter les arguments religieux. Pour la Haute Cour du Caire, El-Beheiry a violé la loi pénale qui considère l’insulte aux religions abrahamiques passibles de cinq années de prison. Cette plainte était soutenue par les plus hautes autorités religieuses d’Al-Azhar qui accusait El-Beheiry de « délibérément pousser les gens à questionner leur foi » et que les propos de son émission étaient une attaque contre les « valeurs de base et l’héritage de l’Islam ».

Islam El-Beheiry

Islam El-Beheiry

Lire la suite