Arabie Saoudite : le National Géographic interdit de vente à cause de sa couverture

Le National Geographic du mois d’août 2015, traduit pour un public arabophone et disponible normalement en Arabie Saoudite, ne le sera pas ce mois-ci. C’est le rédacteur en chef du magazine qui l’a annoncé sur son compte twitter [@ngalarabyia], en arabe : « Chers lecteurs d’Arabie Saoudite, nous nous excusons pour le fait que vous ne puissiez obtenir le numéro du mois d’août. Selon la maison d’édition, le magazine est interdit d’entrée pour raisons culturelles ». Des raisons « culturelles » qui une fois de plus semblent religieuses. Il suffit d’en juger par la une du magazine ce mois-ci :

La une "censurée" en Arabie Saoudite du National Geographic

La couverture « censurée » en Arabie Saoudite du National Geographic

Lire la suite

Russie : état des lieux sur le poids de la religion orthodoxe dans les affaires du pays

Une majorité de russes veulent vivre dans un état séculier mais quasiment la moitié de la population est favorable à ce que l’Église influence la morale de la société. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par l’agence VTsIOM. 64% des personnes interrogées se sont donc déclarées favorables à la séparation de l’Église et de l’État, telle qu’elle est précisée dans la constitution. Dans le sondage datant de 2006, il n’était que 54% à vouloir cette séparation. La moitié des personnes interrogées sont tout de même favorable à une influence de l’Église sur les questions morales et spirituelles, mais pas sur la politique. 32% considèrent que l’Église ne doit pas intervenir dans les affaires de la société et de l’État, 14% qu’au contraire elle devrait jouer un rôle actif dans ces sphères. Seulement 12% des personnes interrogées sont en faveur d’un rétablissement d’un État religieux, soit 1% de moins par rapport à 2006.

Vladimir Poutine et Cyrille Ier, patriarche de Moscou

Vladimir Poutine et Cyrille Ier, patriarche de Moscou

Lire la suite

« Much Loved » de Nabil Ayouch : de la censure aux menaces de mort.

Au Maroc, le dernier film du réalisateur marocain Nabil Ayouch, Much Loved, n’en finit pas de défrayer la chronique. Réalisateur engagé, ayant traité des attentats de Casablanca de 2003 avec son film précédent Les chevaux de Dieu, certainement le réalisateur marocain plus doué de sa génération, Nabil Ayouch s’attaque cette fois-ci à un sujet tout aussi sérieux, et bien réel, celui de la prostitution au Maroc. Dans un pays oscillant entre ouverture à la modernité et une vision morale toujours traditionaliste et religieuse, Nabil Ayouch dépeint la prostitution à travers le destin croisé de plusieurs femmes de milieux différents dans ce film présent à Cannes. Peut-être parce qu’il parle d’une réalité qui se veut cachée, hypocritement, la censure du gouvernement n’a pas tardé à tomber. Le gouvernement, dirigé par le parti islamiste Parti de la Justice et du Développement, a d’ores et déjà annoncé que le film ne serait pas distribué au Maroc car « comportant un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l’image du royaume ». L’association conservatrice de défense des citoyens AMDC a même porté plainte contre le film car nuisant à l’image de Marrakech, où se déroule le film – et où le commerce sexuel, même avec mineures, fait florès – et plus généralement au Maroc.

Nabil Ayouch, le réalisateur de Much Loved

Nabil Ayouch, le réalisateur de Much Loved

Lire la suite