L’Arabie Saoudite appelle la communauté internationale à interdire toute critique de la religion

L’Arabie Saoudite a officiellement appelé la communauté internationale à interdire toute critique de la religion, c’est-à-dire à remettre au goût du jour les lois anti-blasphème. C’est lors d’un symposium sur la couverture médiatique des symboles religieux au vu de la loi internationale, qui s’est déroulé le 25 juillet dernier, qu’Abdulmajeed Al-Omari, le chef des relations étrangères au Ministère des Affaires Islamiques du royaume s’est exprimé en ce sens : « Nous avons déjà affirmé clairement que la liberté d’expression sans limites ou restrictions mène à la violation et va à l’encontre des droits religieux et idéologiques. Cela requiert que tout le monde doit intensifier ses efforts pour criminaliser les insultes aux religions divines, aux prophètes, aux livres sacrés, aux symboles religieux et aux lieux de culte ». Selon lui, ces mesures doivent être prises pour prévenir les intolérances.

Abdulmajeed Al-Omari, le chef des relations étrangères au Ministère des Affaires Islamiques d'Arabie Saoudite

Abdulmajeed Al-Omari, le chef des relations étrangères au Ministère des Affaires Islamiques d’Arabie Saoudite

Lire la suite

« La nuit du ramadan » sur France 2, ou quand le service public fait l’apologie d’un mouvement religieux

C’est donc sur France 2 que sera diffusé cette année encore l’émission « La nuit du ramadan », émission dédiée à la nuit de la fin de jeûne du mois de ramadan des musulmans, l’Aïd al-Fitr. Cela fait un peu moins de dix ans que l’émission est diffusée sur le service public, sans qu’on ne comprenne la raison d’être d’une telle émission. Bien évidemment, celle-ci s’adresse à la communauté musulmane de France, qui sera réunie en famille pour célébrer la fin d’un jeûne dicté par une divinité à laquelle le service public, financé par nos impôts, semble désireux de s’adresser. La République laïque, ce qu’il en reste, continue donc de s’adresser aux individus non comme des citoyens mais comme des croyants, car cette émission est, quoi qu’on en dise, directement destinée à une communauté de la société française, les citoyens issus des pays du Maghreb ou d’Afrique sub-saharienne. Ou quand l’État considère que l’insertion de ces citoyens doit se faire par le religieux plutôt que par des valeurs civiles et laïques, ce que la réforme du collège proposée par le gouvernement avouait déjà, à mots couverts.

La nuit du Ramadan

La nuit du Ramadan

Lire la suite

Grande-Bretagne : le multiculturalisme à l’anglaise a du plomb dans l’aile

Une nouvelle enquête d’opinion vient de paraître en Grande-Bretagne concernant la perception que la population a du multiculturalisme tel qu’il s’est développé dans le pays. Le résultat ne laisse guère de doute, tant la propension des personnes jugeant cette politiques nuisible est en forte hausse. En effet, de plus en plus d’anglais considèrent que le multiculturalisme empire l’état du pays, une frange désormais supérieure à ceux qui pensent que cela l’enrichit lorsque celle-ci était encore majoritaire en 2001. L’enquête, effectué par l’agence YouGov pour le Huffington Post, effectuée à quelques jours du dixième anniversaire des attentats dans le métro de Londres, montre de plus une défiance de plus en plus marquée envers l’Islam qui, bien que dissocié dans l’enquête du fondamentalisme, est perçu désormais comme une grande menace pour les démocraties occidentales selon les anglais.

multiculturalisme caricature

Lire la suite

Le philosophe Yvon Quiniou parle de son livre « Critique de la religion : Une imposture morale, intellectuelle et politique »

Alors que Freud, Nietzsche, Spinoza ou Hume en ont déjà fait le procès, pourquoi établir une critique de la religion aujourd’hui ?

Cette critique est liée au retour politique du religieux. Notamment quand il fait pression sur les institutions républicaines, à la manière de la Manif’ pour tous ; quand, en Europe de l’Est, une religion rétrograde essaie d’influencer la Constitution : ou quand, avec le Traité constitutionnel européen, les religions ont le droit d’intervenir dans la définition des lois. Par ailleurs, je m’inquiète de la montée de l’islamisme radical. Dans l’esprit de la philosophie des Lumières et des grands penseurs du XIXe siècle comme Feuerbach, Marx, Nietzsche et Freud, je tiens à montrer à quel point la religion demeure une imposture morale, intellectuelle et politique. Un imposteur prétend apporter ce qu’il n’apporte pas ou prétend être ce qu’il n’est pas. Les religions prétendent amener la Vérité, alors qu’elles n’amènent que des croyances.

Votre livre est-il un éloge de l’athéisme ?

Je distingue deux formes d’athéisme. L’athéisme dogmatique consiste à dire qu’il n’y a pas de Dieu. C’est celui de Marx ou du philosophe Marcel Conche. Ce dernier dit qu’un tel athéisme ne peut pas se démontrer, car il se prononce sur la totalité du réel. Mon athéisme est privatif. Je me passe de Dieu dans ma vie et analyse les religions comme un phénomène humain. Je m’inspire de la formule de Feuerbach : « Ce n’est pas la religion qui fait l’homme, mais l’homme qui fait la religion. » Ce sont les structures religieuses que je remets en cause. Pas l’élément subjectif de la croyance.

Critique de la religion : Une imposture morale, intellectuelle et politique

Lire la suite

Du refus des monothéismes

« Vous n’avez pas besoin de religion pour justifier l’amour, mais c’est le meilleur outil jamais inventé pour justifier la haine. » – Ruddell Bird « Rudd » Weatherwax

                Une semaine s’est écoulée depuis l’attentat à Charlie Hebdo. Ne vivant pas en France, j’ai vécu cette douleur en moi-même, intérieurement, un peu à la manière de ceux se prévalant d’une religion vécue intérieurement. Une tristesse ayant écumé pendant plusieurs jours. Une fois les évènements conscientisés et analysés, la colère s’est estompée. J’ai vu à distance les trois-quatre millions de personnes ayant défilé aux bannières de Je suis Charlie, j’ai vu avec une même distance ceux qui se tenaient à l’écart se prévalant d’un Je ne suis pas Charlie, étayé d’un sophisme parfois difficile à cerner. Ce Je ne suis pas Charlie me faisait par instant penser aux Je condamne les attentats MAIS il faut dire qu’ils l’avaient mérité (ou plus le plus sobre ils devaient s’y attendre). Etant plutôt large d’esprit, ces expressions diverses m’intéressaient, sans que j’y souscrive particulièrement, comme je ne souscris à aucune vue strictement partisane sur la question, et certainement pas aux positions complotistes qui font florès. Vues complotiste se développant allègrement dans des groupes opposés idéologiquement, chacun s’adressant à son public pour mieux semer le doute et séduire telle ou telle communauté. C’est pourquoi, pour ne pas sombrer dans une analyse tronquée et politique de la question, il convient de s’interroger sur le fait religieux à l’œuvre dans toute cette sombre histoire. Car, comme beaucoup le surinent, le religieux n’y est pour rien ou pas grand-chose dans cette affaire, préférant tout miser sur l’aspect politique afin de ne pas froisser un peu plus des consciences sous tension. anarchie religion dessin Lire la suite