En Algérie, des imams réclament une «police des mœurs»

L’offensive du courant wahhabite n’épargne plus personne. Et les atteintes aux libertés individuelles deviennent un phénomène à large échelle. Réservés jusque-là à certains salafistes zélés, les actes de moralisation touchent désormais les fonctionnaires de l’État. Ainsi, dans le sillage d’une campagne de dénigrement des femmes non voilées et qui se baignent sans hidjab, le journal arabophone Echourouk a fait parler le secrétaire général de la coordination des imams et fonctionnaires des affaires religieuses et waqfs, Djelloul Hedjimi. Ce dernier estime qu’il «faut créer une police des mœurs» qui aura pour mission de s’occuper des délinquants et des femmes qui «portent des vêtements» non conformes à la charia. Le syndicaliste des imams s’est même transformé en spécialiste des sciences sociales, puisqu’il estime que «les cas de harcèlement se multiplient en été» à cause de la «généralisation des tenues dépravées». Le journal cite également des femmes et hommes issus de diverses disciplines qui répètent tous la même rengaine.

le secrétaire général de la coordination des imams et fonctionnaires des affaires religieuses et waqfs, Djelloul Hedjimi

le secrétaire général de la coordination des imams et fonctionnaires des affaires religieuses et waqfs, Djelloul Hedjimi

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« NousTournonsLeDos », le hashtag en vogue en Turquie avant les élections législatives de dimanche

Alors que les élections législatives doivent se tenir ce dimanche en Turquie, certaines femmes turques ont lancé une nouvelle campagne sur les réseaux sociaux, visant à condamner des propos tenus par Recep Erdogan, le premier ministre de l’AKP. Ce dernier est un habitué des remarques et des petites phrases qui attaquent explicitement les femmes et le rôle qu’elles auraient à jouer dans la société. Ainsi, en novembre 2014, il avait affirmé que l’égalité homme-femme était « contre-nature » et que, comme l’affirme l’Islam, le rôle de la femme est « la maternité ». Ces propos avaient évidemment soulevé un tollé chez une partie de la population turque, progressiste et désireuse de ne pas se plier aux exigences religieuses. Dans un pays où le port du voile est en nette progression et où le gouvernement essaye de libérer le port du voile dans tous les établissements publics – école, université -, la cour constitutionnelle peine à bloquer ces lois qui vont à l’encontre de l’État laïc voulu par Atatürk. C’est dans le cadre de cette progressive « ré-islamisation » de la société civile désirée par l’AKP et les institutions religieuses que les attaques contre les femmes se développent, les poussant à mettre en scène leur mécontentement sur les réseaux sociaux.

Recep Erdogan, le premier ministre turque

Recep Erdogan, le premier ministre turque

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