Turquie : Bulent Arinc, le vice-premier ministre, rabaisse une femme en plein parlement

En Turquie, l’AKP, le parti au pouvoir de Recep Erdogan, n’est pas particulièrement connu pour être tendre avec les femmes. Après les affirmations de l’actuel président que l’égalité hommes-femmes était « contre-nature » et que les femmes devaient se contenter de la maternité, c’est une sortie du vice-premier ministre turque Bulent Arinc qui a de nouveau soulevé l’indignation d’une partie de la société turque. C’est au parlement turc, et alors qu’il avait la parole, qu’il s’est adressé sans ambages à une député femme qui essayait de l’interrompre et qu’il lui a lancé de se taire, en précisant « en tant que femme, tais-toi ! ». Au cœur du débat parlementaire, l’intervention militaire turque contre l’État Islamique. C’est au moment de défendre la décision turque d’attaquer les positions kurdes que son discours a été l’objet de protestations de la part du parti pro-kurde dans hémicycle, le Parti Démocratique des Peuples (HDP), dont fait partie la député Nursel Aydogan

Bulent Arinc, le vice-premier ministre turc

Bulent Arinc, le vice-premier ministre turc

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« NousTournonsLeDos », le hashtag en vogue en Turquie avant les élections législatives de dimanche

Alors que les élections législatives doivent se tenir ce dimanche en Turquie, certaines femmes turques ont lancé une nouvelle campagne sur les réseaux sociaux, visant à condamner des propos tenus par Recep Erdogan, le premier ministre de l’AKP. Ce dernier est un habitué des remarques et des petites phrases qui attaquent explicitement les femmes et le rôle qu’elles auraient à jouer dans la société. Ainsi, en novembre 2014, il avait affirmé que l’égalité homme-femme était « contre-nature » et que, comme l’affirme l’Islam, le rôle de la femme est « la maternité ». Ces propos avaient évidemment soulevé un tollé chez une partie de la population turque, progressiste et désireuse de ne pas se plier aux exigences religieuses. Dans un pays où le port du voile est en nette progression et où le gouvernement essaye de libérer le port du voile dans tous les établissements publics – école, université -, la cour constitutionnelle peine à bloquer ces lois qui vont à l’encontre de l’État laïc voulu par Atatürk. C’est dans le cadre de cette progressive « ré-islamisation » de la société civile désirée par l’AKP et les institutions religieuses que les attaques contre les femmes se développent, les poussant à mettre en scène leur mécontentement sur les réseaux sociaux.

Recep Erdogan, le premier ministre turque

Recep Erdogan, le premier ministre turque

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