La Turquie a arrêté une dizaine de jihadistes présumés de l’EI

Les autorités turques ont arrêté mercredi dès l’aube au moins une dizaine de jihadistes présumés de l’organisation Etat islamique (EI) dans plusieurs villes du pays, en proie depuis trois semaines à une escalade de la violence, a rapporté l’agence progouvernementale Anatolie. Ce nouveau coup de filet a été mené à Ankara, Istanbul, Hatay (province proche de la Syrie, sud) et à Kirikkale (centre), selon l’agence.
Quatre autres militants de l’EI étaient encore recherchés par la police à la mi-journée.
La veille, les autorités turques ont annoncé l’arrestation de 23 étrangers, dont des femmes et des enfants, qui tentaient de traverser la frontière syrienne à Kilis (sud-est) pour rejoindre les rangs de l’EI. Parmi ces étrangers se trouvent des Chinois, des Indonésiens, des Russes et des Ukrainiens, précise l’agence Anatolie.

Recep Erdogan, le président turc

Recep Erdogan, le président turc

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Après l’attentat à Suruç, la politique d’Ankara en Syrie mise en cause – Réactions

Au lendemain de l’attentat qui a fait au moins 31 victimes et plus d’une centaine de blessés à Suruç, à la frontière turco-syrienne, une vague d’indignation a soulevé la Turquie. Les manifestants accusent le gouvernement de mener une politique aventureuse face au groupe État islamique. Le chef du gouvernement turc Ahmet Davutoglu a évoqué pour la première fois la probable responsabilité du groupe EI dans cet attentat qui n’a pour l’instant pas été revendiqué. Toute la soirée, dans plusieurs quartiers d’Istanbul et dans des dizaines de villes du pays, notamment celles d’où venaient certains des volontaires tués dans l’attentat, la colère était dans la rue pour dénoncer les errements du gouvernement. Mais bien souvent, la police n’a pas voulu que ces manifestants scandent « État islamique assassin, AKP complice », et nombre de ces rassemblements ont été brutalement dispersés.

Heurts lors de manifestations en Turquie après l'attentat à Suruç

Heurts lors de manifestations en Turquie après l’attentat à Suruç

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« NousTournonsLeDos », le hashtag en vogue en Turquie avant les élections législatives de dimanche

Alors que les élections législatives doivent se tenir ce dimanche en Turquie, certaines femmes turques ont lancé une nouvelle campagne sur les réseaux sociaux, visant à condamner des propos tenus par Recep Erdogan, le premier ministre de l’AKP. Ce dernier est un habitué des remarques et des petites phrases qui attaquent explicitement les femmes et le rôle qu’elles auraient à jouer dans la société. Ainsi, en novembre 2014, il avait affirmé que l’égalité homme-femme était « contre-nature » et que, comme l’affirme l’Islam, le rôle de la femme est « la maternité ». Ces propos avaient évidemment soulevé un tollé chez une partie de la population turque, progressiste et désireuse de ne pas se plier aux exigences religieuses. Dans un pays où le port du voile est en nette progression et où le gouvernement essaye de libérer le port du voile dans tous les établissements publics – école, université -, la cour constitutionnelle peine à bloquer ces lois qui vont à l’encontre de l’État laïc voulu par Atatürk. C’est dans le cadre de cette progressive « ré-islamisation » de la société civile désirée par l’AKP et les institutions religieuses que les attaques contre les femmes se développent, les poussant à mettre en scène leur mécontentement sur les réseaux sociaux.

Recep Erdogan, le premier ministre turque

Recep Erdogan, le premier ministre turque

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