Interview de Salman Rushdie : l’Islam, l’extrémisme, son oeuvre, la littérature…

La polémique a fait rage aux Etats-Unis après que le prestigieux Pen American Center (Pen Club), société littéraire américaine, eut décidé de décerner à Charlie Hebdo sa plus haute distinction. Refusant d’endosser une ligne critique face à l’islam, environ 200 auteurs ont signé une pétition contre la remise du prix Courage et liberté d’expression à Charlie Hebdo, et l’ont fait circuler lors du gala que vous présidiez le 5 mai. L’événement a-t-il été gâché par cette contestation inattendue?

N’exagérons pas ces protestations : nous parlons de 200 écrivains signataires de la pétition sur les 5 000 que compte le Pen Club. C’est donc un faible nombre. Gérard Biard et Jean-Baptiste Thoret, les deux personnes venues à New York pour représenter la cause de Charlie Hebdo au gala, ont été accueillis avec d’autant plus d’enthousiasme par la majorité des écrivains présents. J’ai demandé à l’écrivain Alain Mabanckou de leur remettre le prix Courage et liberté d’expression. Pour avoir vécu dans différentes cultures, j’éprouve une connivence personnelle envers ce talentueux auteur franco-congolais installé en Californie, et j’avais été touché par le texte qu’il a publié dans L’Express en ferme réponse à l’annonce du boycott ; c’est pourquoi je lui ai demandé de le répéter en anglais lors du gala. Je suis reconnaissant aussi au président de SOS Racisme, Dominique Sopo, d’avoir tenu à venir à New York pour défendre la mémoire des dessinateurs assassinés et en finir avec les accusations injustes dont ils faisaient l’objet.

Salman Rushdie

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