Le gouvernement québecois présente son projet de loi sur la neutralité religieuse

Québec renonce à interdire les signes religieux, à l’exception du voile intégral — comme la burqa ou le niqab — qui sera banni du secteur public. Les services publics devront être offerts et reçus à visage découvert, en vertu du projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État déposé mercredi à l’Assemblée nationale. Le gouvernement Couillard va en deça des conclusions du rapport Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables et n’interdit pas les signes religieux pour les juges et les gardiens de prison. Le tchador, ce voile sombre qui couvre le corps des femmes de la tête aux pieds à l’exception du visage, n’est pas non plus visé par les restrictions imposées par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. En 2014, Philippe Couillard [premier ministre du Québec et chef du gouvernement] parlait pourtant du tchador comme d’un symbole de l’oppression de la femme. Le projet de loi n’interdit pas le port de signes religieux, comme le faisait la charte des valeurs du gouvernement Marois. «On ne légifère pas sur les vêtements», a précisé la ministre. Le port du kirpan, ce petit poignard porté par les sikhs, n’est pas ciblé lui non plus par la nouvelle réglementation. Les accommodements religieux devront néanmoins respecter certaines balises, comme l’égalité homme femme.

 

Stéphanie Vallée, la ministre de la Justice du Québec

Stéphanie Vallée, la ministre de la Justice du Québec

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