« Much Loved » de Nabil Ayouch : de la censure aux menaces de mort.

Au Maroc, le dernier film du réalisateur marocain Nabil Ayouch, Much Loved, n’en finit pas de défrayer la chronique. Réalisateur engagé, ayant traité des attentats de Casablanca de 2003 avec son film précédent Les chevaux de Dieu, certainement le réalisateur marocain plus doué de sa génération, Nabil Ayouch s’attaque cette fois-ci à un sujet tout aussi sérieux, et bien réel, celui de la prostitution au Maroc. Dans un pays oscillant entre ouverture à la modernité et une vision morale toujours traditionaliste et religieuse, Nabil Ayouch dépeint la prostitution à travers le destin croisé de plusieurs femmes de milieux différents dans ce film présent à Cannes. Peut-être parce qu’il parle d’une réalité qui se veut cachée, hypocritement, la censure du gouvernement n’a pas tardé à tomber. Le gouvernement, dirigé par le parti islamiste Parti de la Justice et du Développement, a d’ores et déjà annoncé que le film ne serait pas distribué au Maroc car « comportant un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l’image du royaume ». L’association conservatrice de défense des citoyens AMDC a même porté plainte contre le film car nuisant à l’image de Marrakech, où se déroule le film – et où le commerce sexuel, même avec mineures, fait florès – et plus généralement au Maroc.

Nabil Ayouch, le réalisateur de Much Loved

Nabil Ayouch, le réalisateur de Much Loved

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