Le blasphème, les religions : interview croisée de Caroline Fourest et Waleed Al-Husseini

Le blasphème existe-t-il? Si non, les croyants ne devraient-ils pas être les seuls à respecter son interdiction?

Caroline Fourest: Selon la définition du dictionnaire, il s’agit d’une parole ou d’un propos qui outrage le sacré, des gens considèrent ainsi que des idées sont sacrées et qu’on ne peut pas les questionner. On peut se rapproprier le mot de blasphème pour revendiquer le droit de bousculer ce qui est sacré, comme Charlie Hebdo.

Waleed Al-Husseini: La plupart des croyants sont en effet offensés par la critique des religions, qu’ils associent au blasphème, parfois même à tord par rapport aux sourates du Coran. Alors que l’on aurait besoin de pédagogie sur la laïcité en France, les intégristes veulent créer un délit de blasphème pour brider tout débat d’idées qui critique de la religion et ses interprétations. Si ces intégristes me traitent de Blasphémateur, c’est bien parce que le blasphème existe pour eux et que mes critiques dérangent leurs ambitions.

Caroline Fourest, journaliste et essayiste militante

Caroline Fourest, journaliste et essayiste militante

Lire la suite

La condamnation de Raif Badawi pour « insulte à l’Islam » confirmée par la cour supême saoudienne

La mobilisation internationale n’aura donc pas suffit à empêcher la révision de la peine infligée à Raif Badawi, le blogueur saoudien dont nous avions parlé ici. La cour suprême saoudienne a confirmé sa condamnation à 10 ans de prison et 1000 coups de fouets pour « insulte à l’Islam », une décision désormais légalement irrévocable. Sa femme, réfugiée au Canada, a annoncé être sous le choc de cette décision aberrante. Nous soutenons ici son combat et espérons que la communauté internationale saura continuer le combat pour qu’une grâce soit obtenue et cette condamnation dénoncée.

Raif Badawi, blogueur condamné par la justice saoudienne

Après la Suède, l’Arabie Saoudite en bisbille avec le Canada

L’affaire Raif Badawi n’en finit pas de susciter de nombreuses condamnations de l’Arabie Saoudite, qui a mis en branle son service des relations étrangères pour prévenir toute nouvelle critique d’un système judiciaire inégal, archaïque et considéré comme attentant aux droits de l’Homme. Après le clash avec la Suède, c’est au tour du Canada d’être indirectement menacé de représailles diplomatiques s’il décidait à son tour de critiquer le système judiciaire saoudien qui, rappelons-le, est directement basé sur la Charia, la loi coranique. Au cœur de ces critiques donc, l’affaire Raif Badawi, ce blogueur saoudien progressiste, ayant écrit sur son blog que « musulmans, chrétiens, juifs et athées sont tous égaux », condamné par la justice saoudienne à dix ans de prison, 1 000 coups de fouet, distribués en vingt séances hebdomadaires de flagellation, une amende d’un million de ryals (266 000 dollars) et une interdiction de voyage de dix ans à l’expiration de sa peine de prison. Tout cela pour insulte à l’Islam. Par la suite, son avocat a été condamné à 15 ans de prison pour une sorte de crime de lèse-majesté. Cette condamnation a été vivement condamnée par la communauté internationale et a fait l’objet d’un grand nombre de manifestations de soutien dans les pays occidentaux.

Raif Badawi, blogueur condamné par la justice saoudienne

Lire la suite