Tunisie : nouvelles lois anti-terroristes et peine de mort, les réactions

Un consensus a finalement été trouvé sur le texte de la loi antiterroriste tunisienne, permettant son adoption le 24 juillet. Toutefois, cette loi qui introduit la peine de mort pour les crimes terroristes est controversée et critiquée par de nombreuses ONG. “Après des atermoiements qui n’en finissaient pas, la loi de lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent vient d’être adoptée par les parlementaires tunisiens”, rapporte Business News en titrant : “La loi antiterroriste, un texte enfanté dans la douleur”. Le projet de loi, dans les tuyaux depuis janvier 2014, a été approuvé le 24 juillet au soir. Sur un total de 217 députés, 184 étaient dans l’hémicycle, 174 ont voté pour et 10 se sont abstenus. La date butoir du 25 juillet, fixée après l’attentat du 26 juin à Sousse (38 morts), a ainsi été respectée. Cette attaque, ainsi que celle qui a eu lieu en mars au musée du Bardo à Tunis (22 morts dont 21 touristes) ont été revendiquées par l’organisation Etat islamique [(EI) ou son acronyme arabe Daech]. Le vote intervient donc dans un contexte de menace grandissante.

Des touriste s'échappant du Musée Bardo

Des touriste s’échappant du Musée Bardo

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Tunisie : 41 mosquées officiellement fermées, d’autres vont suivre

« Quarante et une mosquées hors de contrôle de l’État ont été, jusque-là, fermées ». C’est ce qu’a annoncé, vendredi 10 juillet, le ministre auprès du Chef du gouvernement chargé des relations avec les Instances constitutionnelles et la société civile, Kamel Jendoubi. Lors d’une conférence, Kamel Jendoubi a indiqué que « ces mosquées pourraient potentiellement constituer des endroits pour l’apologie du terrorisme et l’enrôlement des jihadistes », rapporte l’agence TAP. A ces 41 mosquées fermées, d’autres fermetures devraient suivre et ce, conformément à la loi sur les mosquées de 1989, a-t-il estimé sachant que le ministre des Affaires religieuses avait averti que toutes les mosquées qui sont hors de portée de l’État seront totalement fermées à la date du 5 juillet.

Kamel Jendoubi, ministre chargé des relations avec les Instances constitutionnelles et la société civile

Kamel Jendoubi, ministre chargé des relations avec les Instances constitutionnelles et la société civile

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Il est où le vrai islam ? A propos du massacre de Sousse, par Mohamed Kacimi

Nous reproposons ici un texte écrit par le dramaturge algérien Mohamed Kacimi, paru au lendemain des attentats de Sousse sur la plate-forme participative chouf-chouf.com. Ce texte revient sur ce qui est au cœur de ces attentats et sur les raisons véritables, essentielles, concernant les origines de ceux-ci. Kacimi appelle à cesser de trouver des excuses à la violence intrinsèque à l’Islam, jugeant que le premier terrorisme se trouve dans les écoles-mêmes et leur enseignement.

Mohamed Kacimi, dramaturge algérien

Mohamed Kacimi, dramaturge algérien

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Londres conseille aux touristes britanniques de quitter la Tunisie

Jugeant qu’une «nouvelle attaque terroriste est hautement probable», le ministère des Affaires étrangères indique ne pas croire que «les mesures mises en place (par le gouvernement tunisien) soient suffisantes pour protéger actuellement les touristes britanniques», dans un communiqué diffusé deux semaines après l’attaque à Port El Kantaoui, qui a coûté la vie à 38 personnes dont 30 Britanniques. Par conséquent, le ministère déconseille tout voyage sur le mont Chaambi et à plusieurs endroits de la frontière avec l’Algérie, ainsi que le long de la frontière avec la Libye. Dans le reste du pays, le ministère déconseille tout voyage «non essentiel». «Si vous êtes en Tunisie et que vous n’avez pas une raison essentielle de rester, vous devriez partir», indiquent les nouveaux conseils aux voyageurs apparus sur le site du ministère. Ils précisent que des vols seront mis en place par les opérateurs de tourisme pour organiser le départ de leurs clients.

attentat-tunisie

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Tunisie : le président du Conseil Supérieur Islamique limogé de ses fonctions

Le chef du gouvernement, Habib Essid, a décidé aujourd’hui, 04 juillet, de limoger le président du Conseil Supérieur Islamique (CSI) de ses fonctions à cause de dépassement de prérogatives, selon une déclaration de Dhafer Neji, conseiller du gouvernement chargé des affaires culturelles. Cette décision vient suite à une lettre adressée par le président du CSI, Abdallah Loucif, à la radio nationale Tunisienne, le 26 juin 2015, exprimant sa position opposante au contenu du programme du penseur Tunisien Youssef Seddik qui aborde des sujets historiques et religieuses, et proposant de faire participer le CSI à la sélection et l’élaboration des programmes culturels et religieux à la radio. Abdallah Loucif appelle explicitement dans la lettre d’interrompre le programme accusant Youssef Seddik d’avoir participé à la distorsion et la mauvaise interprétation du coran.

Abdallah Loucif, désormais ancien président du Conseil Islamique tunisien

Abdallah Loucif, désormais ancien président du Conseil Islamique tunisien

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France : une dizaine d’imams « prêcheurs de haine » expulsés depuis le début de l’année

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré lundi sur Europe1 que quarante imams « prêcheurs de haine » avaient été expulsés de France depuis 2012, dont une dizaine depuis le début de l’année. « Nous avons depuis 2012 expulsé quarante prêcheurs de haine et imams. Dans les cinq années précédentes, il n’en avait été expulsé que quinze », a déclaré le ministre. « Depuis le début de l’année, il y a 22 dossiers qui sont en cours d’instruction, et une dizaine d’imams et de prêcheurs de haine qui ont été expulsés », a-t-il ajouté. Tout « prêcheur de haine qui a vocation à rester en France, s’il est étranger il sera expulsé, je le fais systématiquement », a dit le ministre.

Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur

Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur

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Tunisie : « d’autres attaques sont possibles », avertit Londres, qui compte ses victimes

« D’autres attaques terroristes en Tunisie sont possibles », a averti dimanche le gouvernement britannique, après l’attentat sanglant vendredi contre un hôtel près de Sousse qui a coûté la vie à 38 personnes, dont au moins 15 Britanniques. « Le nombre de morts confirmés reste à quinze mais nous nous attendons à ce que ce bilan s’aggrave », a déclaré à la BBC la ministre de l’Intérieur, Theresa May, qui devait ensuite présider une nouvelle réunion de crise Cobra. Le Sunday Telegraph évoque « jusqu’à 23 victimes » britanniques. Samedi, Tobias Ellwood, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, qui a perdu un frère dans l’attentat de Bali en 2002, avait déclaré que certains des 25 Britanniques blessés à Sousse étaient « très sérieusement touchés ». Les noms de plusieurs victimes sont apparus dans les médias et des proches leur ont rendu hommage sur les réseaux sociaux.

Theresa May, ministre de l'Intérieur britannique

Theresa May, ministre de l’Intérieur britannique

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Attentat en Tunisie : les réactions de la presse tunisienne

Au lendemain de l’attaque terroriste qui a coûté la vie de trente-huit personnes, en majorité des touristes britanniques, allemands et belges sur la plage d’un hôtel de Sousse dans le centre du pays, la Tunisie exprime son inquiétude quant à la survie d’une démocratie déjà fragile et pour son économie qui s’appuie en grande partie sur le tourisme. Une préoccupation – teintée de divisions et de ressentiment envers les autorités – d’autant plus grande que la Tunisie avait déjà été frappée par le terrorisme en mars, lors de l’attaque du musée du Bardo. Dans toute la presse, la chasse aux coupables est ouverte. “Pourquoi l’appareil sécuritaire tunisien n’a plus la lutte contre le terrorisme comme priorité et occupe ses plus hauts gradés à des actions des plus futiles, polémiques de surcroit ?”, s’interroge le site d’information tunisien Business News.

Attentat Tunisie

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En Tunisie, après l’attentat de Sousse, le premier ministre annonce une fermeture de mosquées

Tour de vis du gouvernement tunisien laïque contre les centres de prédication de haine religieuse au lendemain de l’attentat perpétré à Sousse, une station balnéaire très prisée des touristes et qui intervient trois mois après un attentat ayant visé le musée du Bardo. L’attentat a fait jusqu’à maintenant 38 morts et encore plus de blessés. Le premier ministre Habib Essid à d’ores et déjà annoncé que 80 mosquées seront fermées dans le pays. Celles-ci seraient selon lui hors de contrôle de l’État et inciteraient à la violence : « Toutes les mosquées seront fermées dans la semaine », précisant qu’un certain nombre d’entre elles « continue à déverser leur propagande et leur poison pour promouvoir le terrorisme. ». Sur Twitter, les soutiens de DAESH ont revendiqué la paternité de l’attaque terroriste : « un soldat du califat » a attaqué « les repaires de la fornication, du vice et de l’apostasie » et ce « malgré les mesures de sécurité renforcée autour de ces antres ». La majeure partie des personnes tuées sont pour la plupart citoyens « d’États de l’alliance croisée qui combat le califat ». DAESH a déjà revendiqué aussi l’attentat de vendredi contre une mosquée chiite au Koweït, à Koweït City, qui a fait au moins 25 morts.

Abu Yahya al-Kairouani, un des auteurs de l'attentat en Tunisie

Seifeddine Rezgui, un des auteurs de l’attentat en Tunisie

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L’association tunisienne de défense des homosexuels Shams sous le feu des critiques

L’association tunisienne Shams, association défendant le droit des homosexuels, bisexuels et transsexuels et œuvrant depuis trois ans dans la clandestinité, a reçu le 18 mai un visa légal du gouvernement lui permettant d’opérer en toute légalité. Cependant, cette autorisation n’est pas du goût de tout le monde, et ce notamment pour des raisons religieuses. Depuis l’obtention de ce visa, l’association a déclaré vouloir ouvrir un vrai débat sur la situation des homosexuels en Tunisie et permettre l’abrogation de la loi qui condamne non pas spécifiquement les homosexuels, mais la sodomie, a trois ans de prison, même avec consentement. Mais, comme il fallait s’y attendre, des voix conservatrices et moralisantes se sont élevées contre l’octroi de ce visa, qu’elles considèrent illégal car la loi réprime indirectement les relations homosexuelles. Le gouvernement, qui avait lui-même octroyé ce visa, a décidé, face aux pressions de se permettre de revenir sur sa décision, en indiquant que l’association n’avait pas dévoilé ses vrais objectifs dans sa demande officielle. Pire, le gouvernement étudie de porter plainte contre l’association pour ne pas avoir dit la vérité sur ses intentions pour l’obtention du visa.

Une affiche de l'association Shams

Une affiche de l’association Shams

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