Argentine : la justice autorise l’euthanasie pour Marcelo Diez

Quelques heures à peine après que  la plus haute instance judiciaire du pays, la Cour Suprême argentine, ait reconnu à Marcelo Diez le droit à mourir dans la dignité, ce dernier s’est éteint dans une clinique de Neuquèn, en Patagonie. Victime d’un accident de moto en 1994, dans laquelle il heurta une voiture de plein fouet, cela faisait désormais plus de 20 ans qu’il était artificiellement maintenu dans un coma végétatif presque total, ne lui permettant ni mouvements physiques ni activités cérébrales notables. Ce sont ses deux sœurs, Andrea et Adriana, qui se sont battues depuis 20 ans pour obtenir le droit de mettre fin à ses jours, ce dernier leur ayant déjà affirmé que jamais il ne permettrait de rester dans un tel état suite à un accident. La Cour Suprême a donc reconnu que les proches d’un malade peuvent «fournir un témoignage de la volonté du patient concernant des traitements médicaux qu’il souhaite recevoir ou ne pas recevoir» dans le cas où il ne serait pas en mesure de l’exprimer.  «Tout individu est libre de faire des choix sur sa propre vie sans interférence de l’État tant que cela n’affecte pas la morale, l’ordre public, ni de tiers», poursuit le texte. Marcelo Diez est donc mort hier, aux alentours de 18.15.

Marcelo Diez, avant son accident

Marcelo Diez, avant son accident

Pays profondément catholique, l’Argentine fait quelque peu figure d’exception dans le panorama sud-américain concernant les questions de mœurs et du droit des femmes et des individus. Ainsi, un grand nombre de femmes en Amérique du Sud, notamment des pays frontaliers, s’y rendent pour se faire avorter, l’Argentine étant l’un des seuls pays en Amérique du Sud à avoir légalisé partiellement l’avortement ou encore a avoir accepté le mariage homosexuel. Malgré cela, un certain nombre de mouvements de résistance se sont fait jour, notamment religieux, militant en faveur de la vie à tout prix et contre l’euthanasie. Une page Facebook « No Maten a Marcelo Diez » (Ne tuez pas Marcelo Diez) avait vu le jour pour soutenir son maintien en vie. Un pas de plus donc en direction d’un droit des personnes à mourir dans la dignité qui n’est pas sans rappeler la bataille judiciaire que se livrent en France et à la Cour Européennes des Droits de l’Homme les membres de la famille de Vincent Lambert, lui aussi plongé dans un coma végétatif.

Ecrits sur un mur en Argentine contre son euthanasie

Écrits sur un mur en Argentine contre son euthanasie

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