Démantélement de la cellule terroriste impliquée dans la préparation d’un attentat contre le Vatican en 2010

Une importante opération anti-terroriste de la police italienne a abouti au démantèlement d’une importante cellule fondamentaliste liée, selon les autorités, à Al-Quaïda et très active sur la péninsule. Cette cellule était basée en Sardaigne mais a essaimé dans toute l’Italie. Dix personnes ont été arrêtées, dont neuf pakistanais et un afghan, mais la police serait à la recherche de huit autres personnes, dont certaines auraient déjà quitté le territoire. La cellule opérait avant tout dans la région de la capitale et avait à sa tête un imam, Muhammad Hafiz Zulkifal, résidant et opérant à Bergame, en Lombardie. A aussi été arrêté le chef spirituel de la communauté pakistanaise d’Olbie, Sultan Wali Khan. Selon les premiers éléments de l’enquête judiciaire, l’imam et Wali Khan étaient en contact permanent et communiquaient directement avec Al-Quaïda.

L'imam Muhammad Hafiz Zulkifal

L’imam Muhammad Hafiz Zulkifal

Les dix personnes arrêtées devront répondre de l’accusation de tentative d’actes terroristes à l’étranger ainsi que de soutien à l’immigration clandestine, activité qui leur permettait de se financer. Deux des personnes arrêtées auraient combattu au côté de Ben Laden, et d’autres auraient été auteurs d’un certain nombre d’actes de terrorisme, de violence et de sabotage au Pakistan, y compris lors de l’attentat à la voiture piégé au marché de Peshawar qui avait fait 109 morts en 2009. Selon les enquêteurs, ce serait cette cellule présente en Italie qui aurait préparé et ordonné l’attentat.

Mauro Mura, procureur de Sardaigne

Mauro Mura, procureur de Sardaigne

Les écoutes téléphoniques menées par la police italienne ont aussi révélé le passage par l’Italie de deux kamikazes : l’hypothèse est que ce passage était lié à un plan visant à commettre un attentat au Vatican. Le chef du parquet de Cagliari en Sardaigne, Mauro Mura, qui a coordonné l’enquête, a précisé que les différents protagonistes de l’affaire n’avaient pas nié ces faits. Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a réagit à cette annonce : « Il s’agit d’une hypothèse remontant à 2010 et qui n’a pas eu de suite. Il ne s’agit donc pas aujourd’hui d’un fait majeur et cela n’est pas l’objet de préoccupations particulières aujourd’hui ».  L’enquête semble démontrer que ce possible attentat terroriste au Vatican remonte effectivement à 2010 et qu’il aurait été annulé suite aux perquisitions de la police dans la maison d’une des personnes impliquées dans la préparation de cet attentat. C’est à cette époque que deux kamikazes pakistanais avaient séjourné à Rome. Presque au même moment, la police avait procédé à des perquisitions. L’organisation, selon les écoutes, aurait alors contacté les deux terroristes en leur faisant comprendre de « changer d’air ». L’un d’entre eux rejoignit alors Olbie, l’autre Bergame.

Durant la perquisition du logement de Sultan Wali Khan, chef de la communauté islamique d’Olbie, les enquêteurs, à la recherche d’explosifs, ont retrouve un billet en langue farsi qui enjoignait au martyre. Dans une écoute téléphonique, Sultan Wali Khan parle de « Tanveer », l’un des kamikazes, presque avec vénération :« C’est un « fidaï » [ndrl :en arabe, quelqu’un qui se sacrifie au nom d’une foi ou d’une idée], des pieds à la tête ! Je lui ai dit : fais attention parce que les bombes vont bientôt exploser… je ne voudrais pas que tu meures sale. ». La référence serait faite aux rituels purificateurs qui précèdent les attentats-suicides. Dans une autre écoute datée du 19 septembre 2010, la conversation fait référence à « cette mission que nous t’avons confiée , il est important d’éliminer leurs chefs… Qu’as-tu fait ?… Nous faisons un grand jihad contre lui… ». L’objectif de l’attentat n’a pas été identifié avec un niveau suffisant de précision, selon les enquêteurs. Très vraisemblablement toutefois, précisent-ils, il s’agissait d’un lieu public à Rome, en se basant sur une phrase prononcée le 24 septembre durant un appel passé non loin de la place Saint-Pierre : « Rome est pleine, quand cela arrivera à 4 millions de personnes, il y entrera. Au milieu des personnes. ». Ceci a poussé les enquêteurs a soupçonner que l’attentat devait avoir lieu au Vatican.

Angelo Alfano, Ministre de la Justice italienne.

Angelo Alfano, Ministre de la Justice italienne.

Le Ministre de la Justice Italienne, Angelo Alfano, s’est félicité du coup décisif porté à cette cellule active et réaffirmé que l’Italie prenait la lutte contre le terrorisme très au sérieux.

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